![]() ![]() ![]() |
![]() ![]() ![]() |
![]() ![]() ![]() |
![]() ![]() ![]() |
![]() ![]() ![]() |
![]() ![]() ![]() |
Asie |
Philippines Ile de Busuanga 8 ? 10 mars 2005 Une heure ? bord d?un coucou de 17 places nous a suffit pour rejoindre l??le de Busuanga. Ce confetti au relief volcanique porte une v?g?tation emm?l?e de cocotiers, bananiers, manguiers et abacas. Au sud, il y a Coron, un village de p?cheurs lov? dans une baie sublime que sillonnent de gracieuses Bancas, barques ? double flotteur. Ici, les maisons perchent leurs murs en rotin tress? sur des pilotis fleuris de coquillages. Les gens sourient, nous saluent doucement et les ?coliers dans leur uniforme impeccable rient de nous voir en promenade dans leur quartier. De l?autre c?t? de l?eau aux reflets ?meraude et aux quelques d?tritus en mati?re plastique, une ?le merveilleuse faite d?aiguilles de lave noire cache un lac ? l?eau si claire que l?on voit la falaise s'y prolonger pour se perdre dans des profondeurs abyssales. Nager dans un endroit aussi beau tient litt?ralement du r?ve. Cette r?gion des Philippines est mondialement connue pour les ?paves de bateaux japonais qui, coul?s par les forces am?ricaines lors de la seconde guerre mondiale, reposent d?sormais dans les eaux bleues de la mer de Sulu. En un peu plus de 60 ans, la nature a repris possession de ses fonds pour donner le spectacle saisissant de coraux grenats, d?an?mones roses, de bancs de seiches, de poissons-cages nageant au milieu d?oursins aux longs piquants noirs, avec pour toile de fond l?acier rouill? des coques. Un s?jour ici ne pouvant ?tre compl?tement r?ussi sans karaok?, nous sommes all?es pousser la chansonnette un soir dans un petit troquet, pr?s du port. Les marins pr?sents se souviennent encore de l?interpr?tation magistrale que Maud f?t de Eye of the Tiger! Manille 5 - 7 mars 2005 La porte de l'Asie, pour nous, sera les Philippines. Et en prime, nous avons le luxe et la joie d'?tre attendues ? l'a?roport de Manille par notre ch?re Maud (coll?gue IBM en sabbatique aussi mais pour bosser dans une ONG). Ambiance colonie de vacances avec le p?re de Maud et sept de ses amis d?barquant le m?me jour que nous, avec notre premier voyage en Jeepney (le Jeepney est un transport collectif, une jeep allong?e, compos? de 2 bancs mais surtout d?cor? de bric et de broc ?tincelant... Extra !) Maud nous ouvre les portes de son Manille. D'abord pour l'Histoire, la visite du Fort Santiago ; du quartier Intramuros, vestiges de la conqu?te espagnole qui furent utilis?s par les am?ricains et les japonais. Ensuite une promenade ? travers le march? musulman Quiapo est un r?gal. Les visages, les regards, les sourires, les explications sont spontan?s. Les philippins sont charmants. La communication est ais?e gr?ce ? leur ma?trise de l'anglais. A ce propos, notons le nouveau dialecte "maud?en", un savoureux m?lange d'anglais, d'espagnol et de tagalog, le tout avec les fameuses plaisanteries de Maud !!! Une s?quence ?motion et tendresse pendant cette ?tape lorsque Maud nous pr?sente l'association Virlanie. Virlanie s'occupe des enfants des rues ; l'organisation de la vie autour des diff?rentes maisons (Mother & Child, Caresse ou Jade...) nous permet de comprendre l'?vidence d'une telle ONG. Et ce surtout, quand les enfants eux-m?mes nous exposent leur journ?e avec, pour la plupart, un regard serein et biens?r un large sourire. L'?motion est grande quand Maud aper?oit un jeune gar?on revenu de lui-m?me ? Virlanie, apr?s plus d'une ann?e de vagabondage. C'est dur, mais c'est un beau moment. Merci Maud de nous avoir fait partager. www.virlanie.org Haut de page Inde Mumbai 22 - 27 avril 2005 Apr?s 26 de train et quelques engueulades avec un de nos compagnons de compartiment pour mettre un peu d'ambiance, c'est tr?s repos?es que nous arrivons ? Mumbai aux environs de 4h du matin o? nous patientons jusqu'au lever du jour dans la salle d'attente r?serv?e aux femmes. Apr?s un dernier poulet Tikka, Anny et Nicole repartent pour la France charg?es comme des mules: nous en profitons pour nous d?lester quelque peu pour pouvoir continuer ? acheter des souvenirs pendant les 4 mois qui restent...merci les filles !!! Les deux jours qui suivent sont alors occup?s par des tournages ? Bollywood (nous sommes tr?s demand?es !!) avec comme cerise sur le gateau le remake de "Usual Suspects" (qui s'appelle "Chocolate"....) o? Zaza et Ir?ne se retrouvent affubl?es d'une mini-jupe pliss?e, d'un haut minimaliste et d'un b?ret genre capote pour la plus grande hilarit? de Cath !!! Cette journ?e pass?e ? l'hotel Intercontinental tr?s tr?s chic o? nous sommes serveuses (avec un vrai r?le: quand on entend "Action", compter jusqu'? 5 puis traverser le champ, avec un plateau pour Isa s'il vous plait) contraste avec le retour en train de banlieue dans le wagon pour femmes o? c'est une lutte ? mort pour monter ou descendre, des hurlements, des coups: une v?ritable ?meute sous nos yeux effar?s. Apr?s un Mac Maharaja pour ?viter d'?ventuels probl?mes de digestion dans l'avion, c'est avec soulagement que nous marchons pour la derni?re fois dans la rue principale de Colaba entre dealers de drogue, estropi?s et autres familles qui vivent ? m?me le trottoir. Namaste l'Inde, si diff?rente, unique, surprenante mais aussi si fatiguante !! Agra 19 - 21 avril 2005 La ville r?sume ? peu pr?s notre voyage en Inde : le pire et le meilleur. Le pire pour le harc?lement et les empoisonnements dans les restaurants de m?che avec les m?decins (ce n'est pas qu'une l?gende urbaine). Le meilleur pour cet incontournable monument, seule construction au monde ? avoir ?t? ?difi?e pour l'amour d'une femme : le Taj Mahal. Alors oui, on l'a vu des centaines de fois en image, et oui, quand on est devant vraiment, l'?motion est pure ! Les grandes portes en bois des remparts protecteurs de ce joyau s'ouvrent ? 6h pour nous permettrent d'appr?cier le lever de soleil sur le marbre blanc. La carte postale est l? : les jardins, les bassins, le Taj Mahal... haut, sym?trique, ?l?gant, blanc, tr?s blanc. Doucement, s'approcher... il est encore plus haut, plus sym?trique, plus ?l?gant, rose, tr?s rose. Lentement, le contourner... il est plus large, plus imposant, plus ?mouvant car orn? d'une multitude de fleurs d?licates incrustr?es dans l'?paisseur blanche rose orange. Pr?cautionneusement, monter au premier niveau... il est plus d?licat, plus ?lanc? gr?ce aux versets du Coran qui semblent plonger dans le ciel bleu pour quelques instants. Silencieusement, entrer... il est plus intime, plus doux, plus pr?cieux lorsque la lumi?re s'?crase sur les frises de rubis, d'agathe et autres pierres multicolores. Tristement, s'?loigner ? travers les jardins en se retournant comme s'il ?tait certain que cette merveille allait s'effacer... d'ailleurs, elle s'efface, tel un fant?me dans le ciel indien, un ciel de marbre. Hors carte postale, Agra r?serve une tr?s jolie surprise, le Itimad-ud-Daulah (appel? aussi Baby Taj). Un petit bijou dont les murs ext?rieurs sont d?cor?s de jaspe jaune de Belgique, d'onyx noir de Mongolie, d'oeil de tigre sur marbre blanc. L'int?rieur est peint des colonnes aux plafonds, des oratoires aux gonds de portes de couleurs ? deviner, de figures ? imaginer. Mais le ravissement vient avec le soleil qui se perd, avant de se coucher, dans les dentelles des claire-voies qui dominent ce mausol?e. C'est notre derni?re soir?e ? six : Caroline rentre ? Paris via Delhi ; les autres se pr?parent pour 26 heures de train jusqu'? Mumbai avant le retour en France ou la suite vers la Tha?lande. Jaisalmer 16-18 avril 2005 Ville sortie du d?sert, finement scisel?e, couleur ocre, Jaisalmer est une vraie rose des sables. Il y r?gne un calme et une propret? absolue; les maisons, havelis, rivalisent de sculptures fragiles et un fort encore habit? par quelques familles domine cette cit? nich?e ? l'entr?e du d?sert du Thar. C'est ? dos de dromadaires que nous partons de bon matin pour 1 jour 1/2 d'excursion. Nous nous retrouvons donc chacune sur notre bestiole, assises ? califourchon sur un amas de tissus, ballots et autres arnachements. Le plus amusant reste de loin le passage en position debout ou assise en 3 temps puisque cet animal poss?de, en quelque sorte, 2 genoux sur les pattes post?rieures. Il plie donc une fois l'arri?re (pendant qu'on bascule gaiement) puis une fois l'avant et re-l'arri?re. Le reste du temps, c'est plus douloureux que rigolo, surtout que seules quelques biquettes et touffes d'herbe viennent nous changer les id?es. Comme il fait rapidement tr?s tr?s chaud, nous avons le droit ? une pause d?jeuner et une sieste dans le vent brulant du d?sert. Vraie consolation, le charmant repas concoct? de A ? Z par nos guides aux petits soins, avec chapatis (galettes), curry aux l?gumes et riz: la base de l'alimentation indienne. La nuit se d?roule dans les dunes apr?s quelques chants lanc?s aux ?toiles par nos chameliers. Jodhpur 14 - 15 avril 2005 Sur la route montagneuse qui nous m?ne vers Jodhpur, autre joyau rajpute, le temple ja?n de Ranakpur est fid?le ? sa r?putation d'ouvrage in?gal? : compos? de 1644 colonnes sculpt?es, arros?es de soleil par les terrasses et les espaces entre les diff?rents niveaux des d?mes du temple. Cet ?difice donne une impression d'?tre dans plusieurs temples en un seul ; chaque divinit? (Shiva sous diff?rents noms et postures) est bien distincte mais toutes au sein d'un travail raffin? et harmonieux. Le ja?nisme est une branche de l'hindouisme qui puisse ses enseignements aupr?s de proph?tes ou gourous. L'un des principes les plus marquants est qu'il est n?cessaire de balayer devant soi pour ne pas mettre en p?ril la vie d'une fourmi, d'un insecte lorsque l'on marche. Notre route jusqu'? la cit? bleue s'?tire le long des champs et des sc?nes de campagne o? les femmes tirent l'eau des puits ? roue, o? les bergers portent des turbans et des chaussures pointant vers le ciel. Le fort de Jodhpur est tr?s haut perch?, la rampe d'acc?s se termine en angle droit afin d'?viter la charge des ?l?phants ennemis. Des remparts, la ville s'?tale en un oc?an indigo, cette couleur des fa?ades ? la vertu de tenir moutisques et autres insectes ? l'?cart. Le palais est d'un raffinement incroyable et t?moigne de la vie ? la cour des maharanas. Les salles sont plus pr?cieuses les unes que les autres autant par les peintures et ornemants muraux que par les pi?ces expos?es (palanquins d'argent, miniatures de soie, berceaux de pierres pr?cieuses, ?p?es et autres armes ?maill?es). De plus, l'addition d'une explication d?taill?e en fran?ais permet de se surprendre pour quelques instants en courtisane ! Nous croisons un groupe de visiteurs, des hommes et des femmes, certainement du d?sert. Ils sont aussi surpris que nous, les regards sont plein de curiosit? souriante : les hommes sont en tenue traditionnelle, ? croire qu'un poignard se cache ? leur ceinture, les femmes portent, du coude ? l'?paule, des bracelets en os de dromadaires et sont couvertes d'or du nez aux oreilles, du col aux chevilles. Nous sommes tous ravis de cette jolie rencontre sans un mot mais charg?e de sourires. Le Rajasthan nous r?serve de belles rencontres architecturales, culturelles et humaines. Udaipur 11 - 13 avril 2005 Nous reprenons la route direction la perle du Rajasthan: Udaipur. La nationale qui sillonne cette r?gion est digne des notres: bitum?e, signalis?e, elle poss?de m?me un terre-plein central. Seule diff?rence, pour une raison inconnue, un v?hicule sur deux pr?f?re rouler ? contre-sens; c'est tout ? fait surprenant... Arriv?s ? destination, nous trouvons ? nous loger dans une charmante guesthouse avec vue imprenable sur le lac bord? de batiments blancs resplendissants. Ce serait idyllique si le lac n'?tait pas ? sec.... Par chance, pour ?gayer cette plaine d?sol?e en pleine ville, nous assistons ? la f?te du printemps. Des centaines de femmes, par?es de tous leurs bijoux, magnifiques, sont assises pour admirer diverses danses traditionnelles o? paillettes rivalisent avec plumes de paon. Des ?l?phants et dromadaires proposent des promenades dans le lac ? defaut de barques. C'est une vraie joie de voir ces femmes sortir, rire, prendre du bon temps, enfin !!! Cette soir?e est ponctu?e d'un beau feu d'artifice. Avec l'arriv?e d'Anny et Nicole, nous nous ?tions r?gal?es de saucisson, comt? et autres chocolats mais en ce 11 avril, c'est l'apoth?ose pour les papilles avec foie gras et Ricard (on ne crie pas) en l'honneur de notre Zaza !! Mais non la nourriture bien de chez nous ne nous manque pas....on n'en parle que 1475 fois par jour.... La derni?re journ?e est consacr?e ? la visite du City Palace, un palais immense constitu? d'un enchainement de salles et de patios d?cor?s de mosaiques. L'ensemble est assez h?t?roclite car depuis le XVI?me si?cle, il recut de multiples rajouts de la part des diff?rents maharanas. Chittorgarh 11 avril 2005 Cette ancienne capitale du Mewar s'enorgueuillit d'une belle forteresse aux portes massives et aux cr?neaux en ogive. Derri?re son enceinte, se cachent de superbes temples en dentelle de pierre, des tours aux milliers de sc?nettes plus belles les unes que les autres, des sculptures aux formes ondulantes, des farandoles d'?l?phants, de dromadaires et de dieux dansants. Les pillages et les massacres qui ont anim? ce lieu magique entre le IX et le XIII si?cles ont laiss? seulement les fa?ades des palais. Un village rescap? dans cette cit? fant?me nous donne l'occasion de donner cahiers et crayons pour les enfants d'une jolie ?cole aux volets indigo. Sans la vapeur bleue qui bouche l'horizon, la vue depuis ce haut de falaise serait infinie. Pushkar - Ajmer 10 avril 2005 Notre tourn?e au Rajasthan d?bute par Pushkar, ?clatante de blancheur avec son grand bassin entour? de gh?ts. Des hommes insistent pour nous faire prier au bord de l'eau et pendant qu'ils psalmodient et nous font tenir une corbeille d'offrandes, des pens?es contradictoires se bousculent dans nos t?tes : respect de leurs croyances mais aussi un peu d'agacement voire de col?re vis ? vis de ce c?r?monial qui nous est fermement impos? sans tenir compte de ce ? quoi nous, nous croyons. La rue est un spectacle de couleurs et les femmes sont des princesses avec leurs lourds anneaux d'argent aux chevilles. Le voile qui cache leur visage laisse parfois entrevoir une grande cr?ole port?e ? l'oreille et qui par une cha?ne dor?e rejoint l'aile du nez elle aussi perc?e et d?cor?e d'un bijou brillant. Les hommes eux sont habill?s de blanc, longue chemise sur un tissu drap? autour de la taille et, sur la t?te un turban orange ou rose bonbon, enroul? plusieurs fois comme un troph?e. Une route de moyenne montagne m?ne ? Ajmer. La petite cit? est remplie de musique car en plein pr?paratifs pour la f?te du Printemps, une f?te destin?e aux femmes c?libataires en qu?te d'un mari. Dans une ruelle anim?e, une belle porte aux battants en argent ouvre sur le dargha, enclave musulmane aux dalles claires chauff?es par le soleil. Une odeur ent?tante d'encens et de rose flotte sur les groupes d'hommes et de femmes qui papopent, chantent ou prient. L'hindouisme et ses rivi?res de fleurs oranges cognent aux portes des mosqu?es et les deux religions coexistent pacifiquement jusque dans la pierre o? sont cisel?s les versets du Coran et les silhouettes de Shiva. Jaipur 8 - 9 avril 2005 Nous voici aux portes du Rajasthan : Jaipur ou la cit? rose. La vieille ville fortifi?e est en effet recouverte d'un ocre rouge uniforme. Seul le palais du maharaja de marbre blanc se distingue. Ce palais, dont les fa?ades sont incrust?es de pierres semi-pr?cieuses, comprend des salles d'audiences raffin?es, des cours ombrag?es et surtout un petit mus?e de miniatures (enluminures sur soie, papier ou marbre) repr?sentant diff?rentes sc?nes de la vie quotidienne ? la cour de Jaipur. Le maharaja vit toujours l?, dans le palais de la Lune, il est entour? de gardes ditingu?s en costume blanc immacul?, turban infini rouge sang, et surtout, de magnifiques moustaches courb?es jusqu'aux oreilles... La visite du Palais des vents est un po?me : cette batisse est en fait une fa?ade unique, en dentelle de claire-voies ocre rouge et blanc d'o? les femmes regardaient la vie des sujets se d?rouler sans elles. Comme toutes les villes que nous avons travers?es en Inde, Jaipur grouille, mais ici, dromadaires, ?l?phants et charrettes se m?lent au traffic... Pour ?chapper ? ce tumulte, nous nous r?fugions au cin?ma pour la s?ance de Bewafaa, la super production du moment ! Un sc?nario en b?ton, une interpr?tation sans faille, et surtout une bande-son digne de West Side Story ou NewYork NewYork... S?rieusement, c'?tait moins mauvais que ce que l'on imaginait ! Puisque nous sommes maintenant 6 pour l'?tape aux pays des Rajputes, nous choisissons de faire la boucle autour des palais, forts et d?sert du Thar en voiture avec chauffeur ! DDS, c'est son nom, nous initie ? la musique indienne... et on verra vite, qu'apr?s dix jours et avec seulement quatre cassettes en continu, c'est de moins en moins exotique ! Mumbai 4 - 7 avril 2005 Toujours fid?les ? la classe 3A et son air conditionn?, nous passons la journ?e dans le train pour Mumbai. Le paysage aper?u par la fen?tre semble malheureusement de plus en plus br?l? et d?sol?. Arriv?es ? 4h du matin, nous tirons la nuit de salle d'attente "strictly for ladies" en trains de banlieue aussi accueillants et propres que des wagons ? bestiaux. Mumbai est une grande ville et cela saute aux yeux au nez : des taudis le long de la voie ferr?e o? des gens, fesses ? l'air, font leurs besoins ; des enfants endormis en tas sur le trottoir ; des l?preux qui font la manche avec ce qui leur reste de bras, de jambe, de visage ; une odeur d'oeuf pourri et de charogne. Bienvenue dans cette m?galopole de 15 millions d'?mes qui, selon les statistiques, va en 10 ans se boursoufler de 12 millions de personnes en sus. Qu'est-ce que cela va entra?ner? Une explosion de mis?re, une couche suppl?mentaire de ferraille, de cartons, un empilement de bo?tes d'allumettes? Ou alors, ce sera le miracle indien qui fait fleurir ?a et l? des boutiques toutes en lumi?re, logos tape-?-l'oeil et terriblement tendances ; des buildings blancs qui poussent de terre pour s'extirper de la brume de pollution et de chaleur humide. Les rues de Bombay ont leur lot de mercedes aux vitres fum?es ; de femmes en sari ou en tenue occidentale qui conversent dans des t?l?phones mobile dernier-cri, le long de larges trottoirs aux caniveaux balay?s. Dans le quartier de Colaba o? nous logeons au milieu des ?tals de fringues, de fruits et de bijoux l?gers comme le vent, un jeune homme nous accoste et nous propose d'?tre figurantes de cin?ma! C'est Bollywood ou presque avec comme lieu de tournage une grande pi?ce ? la moquette hideuse, des tables rondes avec nappe en papier et bouteilles de coca pour sugg?rer une f?te, un repas donn? en l'honneur de jeunes mari?s. Distribution des r?les : des stars indiennes pour le couple vedette assis dans des fauteuils en papier m?ch? dor? ; des acteurs anglais, des blancs, pour incarner une b?cheuse et un noceur ivre ; nous et quelques autres pour danser et taper dans les mains, le c?t? branch? de la fiesta, quoi! A la cl?, un cachet, le premier, de 400 roupies, pour notre prestation dans ce chef-d'oeuvre intitul? "It could be you", tout un programme, qui sera pr?sent? ? Londres en ao?t prochain, et qui sait, Ir?ne, qui a toun? une sc?ne torride sur fond de consignes automatiques d?butera peut-?tre une carri?re de com?dienne! Tout pr?s du Gateway of India, des bateaux aux couleurs vives font la navette jusqu'? l'Ile Elephanta. Ainsi nomm?e par les portugais en raison d'un rocher au profil pachydermique, elle est c?l?bre pour ses grottes sculpt?es, lieux de p?lerinage du temps de la Route de la Soie. Shiva y est repr?sent? avec le serpent et la coupe pour recueillir le sang des d?mons. Un buste tric?phale le d?crit tour ? tour en d?esse au doux visage, en dieu ordinateur qui dompte le chaos, en dieu destructeur. Notre groupe de voyageuses s'agrandit avec deux h?tes de marque, Nicole, la maman de Cath et Anny sa tante. Orchha 2 - 3 avril 2005 La premi?re visite d'un palais de maharajas o? la chronique d'une colique annonc?e... Imaginez un palais magnifique, grandiose, qui s'?l?ve au milieu d'une plaine hostile, aride. Ce palais n'est fait que de m?andres, d'escaliers abrupts et cach?s, de coupoles recouvertes de fa?ence bleue ?parse, de fines claire-voies (dentelles de marbre ou gr?s) qui filtrent l'air et la lumi?re. Vous trouvez enfin votre chemin jusqu'? la derni?re terrasse et l?... tout ? coup changement de posture, il est n?cessaire de se plier en deux, ? l'?querre... ensuite, apr?s le premier choc, il faut trouver celle qui a le rouleau de papier dans son sac, pour ensuite se concentrer sur la descente vers les toilettes (trouver un escalier, ?viter les sans-issues, ne pas tourner en rond). C'est d?solant quand une seule de nous est malade, mais quand les trois se tordent ? un quart d'heure d'intervalle... c'est plut?t hilarant ! Merci ? Caro, notre premi?re supportrice, toujours le papier ? port?e de main !!!! Chaque digestion en Inde est une nouvelle aventure... Malgr? tout, ce palais ? l'abandon est magnifique et nos soucis intestinaux n'enl?vent rien ? l'atmosph?re fantomatique de ce site incontournable. Khajuraho 29 mars - 01 avril 2005 Qu'il est agr?able de s'?nerver d?s 7h du matin pour se rendre ? la station de bus....ce pays a l'art de faire ressortir les mauvais cot?s de chacun, il pousse ? bout !! Nous nous rendons ? Khajuraho, haut lieu touristique et caricature de l'harc?lement dont nous sommes victimes. A chaque pas on vous propose rickshaw, change money, postcards quand ce n'est pas pour nous lancer: "What name ?", "What country ?", "Where you going ?" d'un ton aggressif....non mais de quoi je me m?le !!!! Ca en devient tellement insupportable que m?me avant qu'un ait pu ouvrir la bouche, on a d?j? envie de l'attraper pour taper sur le pr?c?dent. (vu leur gabarit poids quart de mouche, on pourrait si on voulait...). A part ce l?ger mais tr?s tr?s pr?sent d?sagr?ment, cette ville renferme un site magnifique, class? au patrimoine de L'humanit? s'il vous plait, superbement restaur?. Il s'agit d'un ensemble de 6 temples hindouistes ?rig?s entre le X?me et le XI?me si?cle par la dynastie des Chandelas. Ils pr?sentent des fa?ades et des d?mes en pyramide tronqu?e couverts de multiples sculptures de dieux, d?esses, femmes aux formes utopiques, animaux illustrant la vie quotidienne, la guerre et les positions du Kamasutra pour la plus grande joie des groupes de quincag?naires italiens. Cette ville abrite aussi un dispensaire-?cole mis en place par une aide-soignante francaise, St?phanie. Pr?sente depuis 8 ans environ, elle essait de fournir un minimum d'?ducation et de soins aux enfants et aux jeunes filles qui ne peuvent y acc?der. Un bien beau courage dans un pays o? l'int?gration est quasi-impossible et la tache d?mesur?e. Vous pouvez consulter son site ? www.hopeshanti.com car toute aide est la bienvenue. Nous en avons donc profit? pour nous d?lester de quelques m?dicaments, fringues et autres polaires. Bodhgaya 24 - 26 mars 2005 Du 25 au soir au 26 ? midi se d?roule dans le nord de L'Inde le Holy festival ou f?te des couleurs. Dans le but de se r?concilier avec leurs ennemis, les hommes se lancent dessus des bombes d'eaux color?es dans la joie et la bonne humeur. Nous sommes d'autant plus chanceuses que Varanasi est r?put?e pour l'entrain avec lequel ils y participent !! Ca a l'air sympathique comme ?a mais le message aux touristes, tant de la part des guidebooks que des patrons d'h?tels, est clair: On ne sort pas !!! Ca d?g?n?re toujours, les couleurs sont pour la plupart ind?l?biles quand ce n'est pas de la bouse de vache ou pire, de l'acide.... Nous d?cidons donc de partir nous r?fugier ? Bodhgaya. Ce village est la ville sainte du bouddhisme puisque c'est ici que Siddharta atteignit le nirvana et devint un bouddha apr?s de longues semaines de m?ditation au VI?me si?cle avant JC. On peut d'ailleurs admirer l'arbre qui l'abrita (ou vraisemblablement l'un de ses rejetons...). La ville est parsem?e de temples magnifiquement d?cor?s, un pour chaque pays ou r?gion dont le bouddhisme est religion principale: Chine, Tibet, N?pal, Japon... Ces temples r?cents et immacul?s se dressent au milieu d'une mis?re rurale consternante o? cochons, vaches, chiens, poules et humains cohabitent dans la crasse. Nous trouvons refuge dans le monast?re tib?tain durant le festival qui s?vit quand m?me ici avant de repartir ? Varanasi, quittant une ville alors d?sert?e (ils cuvent...?!?) gr?ce au seul rickshaw alors en service. Avec chance, un train part imm?diatement mais cette joie est de courte dur?e car nous tombons en panne en pleine campagne alors baign?e d'une douce lumi?re sur les champs de bl? parsem?s de sarees et de palmiers. Nous mettrons 7h pour couvrir les 230 km.... Varanasi 19 - 23 mars 2005 Un peu avant 6h du matin, un boatman est venu nous chercher pour nous entra?ner dans des ruelles labyrinthiques, royaume des enfants et des mouches, et nous faire monter ensuite dans une barque sur les eaux encore endormies du Gange, cheveux de Shiva. Le long de la berge ouest, il y a les gh?ts, les marches qui descendent des temples, o? les hindous prient, se lavent et font leur lessive. De jeunes gar?ons s'amusent ? plonger dans l'eau sombre tandis qu'? quelques m?tres de l? des cadavres se consument. La l?gende dit qu'? Varanasi le feu n'a pas cess? depuis 3000 ans. Pour celui qui croit, mourir dans la ville sainte et y faire br?ler son enveloppe charnelle permettent la rupture du cycle infini des r?incarnations. Ce qui frappe ? Varanasi, c'est la coexistence de cette spiritualit? et des actes quotidiens. Le Gange est pur, sacr?, m?me si les ?gouts s'y d?versent, m?me si les ordures y sont jet?es. Des petits enfants crasseux et solitaires jouent dans la cendre des b?chers et des orpailleurs la tamisent ? la recherche des bijoux et des dents en or qui ont r?sist? ? la cr?mation. Tour est m?l?, les pri?res et les vautours, les bougies, la merde, les chiens galeux et les colliers de fleurs. D'abord disque rouge, le soleil devenu or r?veille les couleurs de cette Venise orientale et les fa?ades l?preuses des palais de maharadja. Un mot aussi des rues de la ville et de ce qui s'y passe : les milliers de v?los, de rickshaws qui manquent de vous ?craser ? tout instant, les vaches immobiles qu'il faut contourner en ?vitant les bouses et l'eau croupie, les piq?res de puce, la poussi?re qui pique les yeux, la chaleur qui vient par vagues, le bruit en continu. C'est la liste des agressions "physiques" et puis il y a les coups au moral : un homme sans jambe pos? par terre, des petits qui mendient alors qu'ils savent ? peine marcher, un groupe d'hommes riant autour d'un vieillard mort, couch? sur le dos, bouche ouverte d?j? envahie de mouches. C'est donc par petites doses qu'il faut go?ter ? cette ville, ? ce pays. Une chambre d'h?tel aux murs clairs est souvent comme une bouff?e d'oxyg?ne, un ventilateur au plafond comme un point de fixation pour des yeux fatigu?s. La d?gustation d'un shai, th? sucr? infus? dans du lait, confortablement install?es sur des coussins dans un showroom de soie est aussi une pause agr?able. Dans une pi?ce fra?che et sombre, le silence est ? peine troubl? par le murmure des foulards d?pli?s par centaines et par le cliquetis des m?tiers ? tisser ? carte perfor?e, dissimul?s derri?re les volets clos. Rakesh, employ? au Ganga Yogi Lodge, nous fait d?couvrir la vie secr?te de Vanarasi, les temples dedi?s ? Ganesh, ? Shiva son p?re, ? Hanuman le dieu-singe. Les fid?les se d?chaussent sur le seuil, font sonner des cloches au timbre fragile puis s'inclinent devant des autels obscurs o? des p?tales fan?s, m?lang?s ? du pigment rouge sang, laissent des tra?n?es ?carlates sur les murs et le sol. A Varanasi, nous avons aussi fait de belles rencontres : Tony, Nathalie, Alexis et Mariam et le directeur de la maison de retraite de Montauban. Namaste ? tous! Ramnagar 16 - 18 mars 2005 Apr?s les trains, nous exp?rimentons les bus indiens... Tout est ?crit en hindi alors on monte dans un bus sans ?tre certaines de sa destination... On monte les sacs sur le toit du bus, on devra les descendre aussi... Sortez des villes, allez ? la campagne qu'ils disent ! Tu parles oui ! La campagne, laissez nous rigoler.. Le ciel est blanc, le paysage est plat, tr?s plat, les arbres, les champs, les vaches, les gens, tout est recouvert de cette poussiere omnipr?sente, tout est opaque. Nous sommes sur les contre-forts de l'Himalaya, mais on ne voit pas plus la fameuse cha?ne de montagnes que depuis Paris ! La ville est dans la campagne et la campagne est dans la ville. Bref, on est quand m?me mont? jusque l? pour les tigres. Le Corbett National Park, ses ?l?phants, ses tigres, ses ours, ses l?opards... le Livre de la jungle quoi ! Et bien, malgr? une journ?e ? silloner les pistes de la r?serve, nous avons aper?u (il est important dans ces moments l?, de faire preuve d'un sens de l'humour ? toute ?preuve...): un lapin, des paons, des singes, des oiseaux, des bousses d'?l?phants... et clou de la balade, une colonie de t?tards ! Ca, c'est de la r?serve animali?re ! Haridwar 15 mars 2005 Obtenir un ticket de train est toute une ?pop?e en Inde. La fameuse "file indienne" n'est pas franchement l'image la plus repr?sentative de l'organisation d'une gare! On pourrait parler plut?t d'un "amas d'indiens" ou du concours/record du plus grand nombre de mains pass?es dans l'ouverture demi-lune du guichet! Coup de bol, la New Delhi Railway Station est dot?e d'un bureau sp?cial pour les non-r?sidents. Nous montons dans le train de nuit avec couchette propre (notre conception de la propret? est maintenant toute relative...) en direction de Haridwar, la source du Gange o? les eaux du fleuve sortent du pied de Vishnu, haut lieu de p?lerinage hindouiste. Et c'est l? que pour nous le vrai choc avec l'Inde a lieu! La mis?re, la souffrance, l'inimaginable, l'indescriptible! Mais aussi l'?nervement, la r?pugnance, le harc?lement, l'incompr?hension, le malaise. Nous assistons ? la Puja, c?r?monie du soir. Les gh?ts, escaliers le long du Gange, sont noirs de p?lerins et les brahmans agitent leur cloche, allument l'encens et aspergent les ?mes. Tous chantent apr?s s'?tre immerg?s dans ces eaux sacr?es o? les enfants jouent dans le courant ? attraper les offrandes de fleurs et les bougies. Delhi 12 - 14 mars 2005 Une chambre d'h?tel triste, des draps ? la propret? douteuse, un robinet qui go?te mais surtout les bruits de la rue, entre cris et klaxons, les odeurs m?lant ?pices et urine et au loin la voix du muezzin qui s'?l?ve: il est 17h ? Delhi et en ce 14 mars 2005 se d?roule une interview imaginaire entre une de vos aventuri?res pr?f?r?es (qui sont d'ailleurs 4 depuis que Caroline a rejoint le groupe pour 6 semaines) et elle-m?me: Alors, premi?res impressions apr?s 3 jours en Inde ? Le monde !!! Partout, tout le temps. Ca veut dire du bruit, beaucoup de bruit; une lutte de chaque instant pour se frayer un chemin entre les ?tals, les badauds, les vaches, les gravats; une attention constante pour ne pas se faire rouler dessus par un des milliers de rickshaws (motos ou v?los-taxis) qui foncent en tous sens. Ca veut dire aussi des couleurs, des visages, de la vie !! Et ce n'est pas oppressant ? Si! Mais moins que ce qu'on craignait. Les gens nous regardent beaucoup, ni aggressifs ni vraiment amicaux, intrigu?s plus. Enfin, c'est ce qu'on esp?re car il est tr?s difficile de lire quoi que ce soit dans leurs regards fix?s sur nous. Le plus g?nant est de se retrouver face a une population presque uniquement masculine: les femmes ne sortent pas et nous n'aimons pas ca ! Pour revenir ? ta premi?re phrase, dans quel ?tat d'esprit arrivais-tu en Inde ? Pour toutes les 3, cette ?tape est sur le papier peut-?tre la plus belle, s?rement la plus dure; un beau m?lange d'excitation et d'appr?hension en tous cas. On a tous entendu parler ou vu des images de ce pays mais tant qu'on y est pas plong? soi-m?me, on ne sait pas comment on va r?agir, si on va supporter... Et alors, pas de moment trop difficile encore ? La mont?e des marches de la plus grande mosqu?e de ce sous-continent, Jama Masjid, avec ? chaque pas un mendiant, un estropi?, un l?preux et toi au milieu... Mais de belles images aussi s?rement ? Bien s?r !! Le tombeau de Humayum, magnifique mausol?e de gr?s rouge et marbre blanc ?rig? au XVI?me si?cle par l'empereur moghol. Et aussi le site de Qutb Minar avec sa tour de 73m construite par les musulmans au XII?me, son p?ristyle finement sculpt?, ses mosqu?es recouvertes de mosaiques. Mais le plus beau c'est surtout de regarder les indiens. Sur les sites historiques, beaucoup plus de femmes sont pr?sentes avec leurs beaux sarees color?s, leurs bijoux clinquants; dans la rue, des sikhs rayonnent de sagesse sous leur turban, des vieils hommes portent encore sabres et dagues: le spectacle est partout et ?a, c'est l'Inde, un milliard et quelques millions de visages magnifiques !!!! Haut de page Thaïlande Sukhotai 21-22 mai 2005 De retour ? Chang Mai apr?s notre petite boucle, nous passons enfin une soir?e un peu arros?e en compagnie de Gauthier, cousin de Cath, et son pote Philippe qui ne se font pas prier pour quelques verres de bi?re Singha ou de whisky local pour les hommes, les vrais !!! C'est amusant comme il devient alors beaucoup plus difficile de p?daler apr?s ?a.... Le lendemain, nous partons pour Sukhotai et son ancienne cit? ?rig?e entre le 12?me et le 15?me si?cle o? nous sommes accueillies par un orage tonitruant, le premier d'une longue s?rie, qui transforme en quelques minutes toute ruelle en un torrent sautillant. Il interrompt une s?ance d'a?robic en plein air o? quelques cinquantes adeptes bougent leur corps au rythme endiabl? d'une musique pop occidentale qui ?gaie nos oreilles apr?s les centaines d'heures de pure souffrance ? supporter les diverses musiques traditionnelles dans les bus depuis le d?but du voyage: le d?paysement a un prix qui est quelques fois beaucoup trop cher pay? !!! Vive le rock .... De bon matin, nous enfourchons nos chers v?los pour une visite dans le temps o? ch?dis, temples, bouddhas et stupas d'inspirations khmers ou siamoises jalonnent un parc tr?s entretenu de frangipaniers et flamboyants entourants de nombreux points d'eau o? fleurissent de beaux lotus, fleur sacr?e !! Ce site, pourtant class? au patrinoine mondial, est d?sert en cette basse saison touristique, ce qui n'est pas pour nous d?plaire.... Les 6 derni?res heures de la journ?e se passent ? jouer au scrabble et errer parmi les boui-bouis de la gare de Phitsanulok o? soupes ind?termin?es cotoient grillons et autres cafards grill?s...aventuri?res mais pas trop !!! Ah, voici notre bus de nuit pour rejoindre la frontiere laotienne... Chiang Mai et vers la fronti?re birmane 15 - 20 mai 2005 Chiang Mai est un paradis pour les bicyclettes tant les automobilistes et les scooters sont pacifiques et tol?rants. C'est donc un vrai plaisir de parcourir les rues de la vieille ville, sans trop se soucier des sens uniques et des stops. Non loin du march? Waroro, la circulation s'intensifie mais il suffit d'accrocher les v?los pour redevenir pi?ton et p?n?trer dans la halle. A l'int?rieur, le rez-de-chauss?e est r?serv? aux ?tals de viande et d'?pices tandis que l'?tage est le royaume du pr?t-?-porter. Des centaines de chemisiers blancs d'?coli?re, de jupes pliss?es bleu marine sont accroch?s dans la lumi?re blafarde des n?ons. Plus ? notre go?t, les fameux pantalons fisherman et leur arc-en ciel de couleurs, dont nous r?ussissons, apr?s une ?pre n?gociation, ? acqu?rir quelques exemplaires. Des cadeaux peut-?tre ? La vieille ville est aussi un tr?sor de petits restaurants o? nous nous r?galons de riz frit, de curry au lait de coco, de pad tha? et de jus de fruit frais! Un tuk-tuk am?nag? comme un living-room avec lecteur DVD incorpor? nous conduit ? toute allure ? Arcade station, une des gares routi?res de Chiang Mai. Nous partons pour le nord afin de d?couvrir les gens et les paysages de la montagne. La route ?troite devient vite escarp?e et de belles for?ts de pins mar?times s'accrochent sur ce relief bouscul?. Les hameaux et leurs grandes maisons de bois pos?es sur des pilotis sont noy?s dans la verdure. Sur le bord du foss?, des hommes de petite taille marchent en file indienne. Sac color? en bandouli?re, ils font tenir leur chapeau de paille par un large foulard nou? sous le menton. Nous atteignons le village de Mae Sariang o?, tandis que le soleil se couche et embrase l'horizon, un troupeau de buffles traverse la rivi?re Yuam. Notre balade dans le nord continue, sur une route sinueuse comme un serpent, au milieu d'arbres hauts ? tr?s grandes feuilles, des teks. Le bus avale les mont?es et les descentes, les cols et les vall?es. Malheureusement, la lumi?re blanche et la brume mangent un peu ce paysage de montagnes bois?es. Sur le bord du chemin, des tha?s coiff?s de chapeaux pointus, vendent, accroupis sur les talons, des petits champignons ronds et gris qu'ils sont all?s chercher dans la terre noire des sous-bois. La deuxi?me ?tape de notre balade dans le nord du pays est Mae Hong Son, village p?p?re lov? autour d'un ?tang. Tous les jours s'y tient le march? o? poissons s?ch?s ou crus, citrouilles ? la peau noire ou verte, a?l petit comme l'ongle du petit doigt se vendent pour quelques bahts. La vie des paysans est ici difficile car la montagne laisse peu d'espace pour les cultures. De plus, la crise birmane fait passer la fronti?re ? des milliers de clandestins qui viennent tenter leur chance dans ce contexte difficile. En avant les ?l?phants ! C'est sur un dos gris, frip? et couvert de poils noirs, longs et drus, que nous partons pour une heure de promenade dans une campagne pleine de fra?cheur, ? travers rivi?re et prairies. Juch?es ? 4 m?tres de hauteur, sur une banquette rectangulaire tenue par une cha?ne et une corde, nous avons tout loisir d'observer le cornac. Sans cesse, il frotte ses pieds ? l'arri?re des oreilles de l'?l?phant pour le faire avancer. De temps en temps, le pachyderme change de direction ou s'attarde un peu trop sur de longues herbes et c'est alors qu'il re?oit un coup sec sur les os saillants de son cr?ne, coup port? ? plat ? l'aide d'un couteau en bois. Un ?l?phant, c'est une montagne de chiffres : 70 ans d'esp?rance de vie, 5 ? 6 renouvellements complets de dentition et 250 kgs de nourriture par jour. Un ?l?phant, ?a mange et ?a fait caca en continu, un peu comme un canard mais en plus gros! Le retour sur Chiang Mai a dur? 8 heures, sur de minuscules banquettes de sky, dans une atmosph?re ?touffante. Le bus s'est m?me pay? le luxe d'une panne miraculeusement r?par?e ? l'aide d'une vis prise sur le cache du clignotant arri?re droit ! Mac Gyver ?tait parmi nous ! Kamphaeng Phet 14 mai 2005 Voici une journ?e assez repr?sentative de celles que nous connaissons depuis plusieurs mois : Nous en avons environ pour 5 heures de bus pour rejoindre Kamphaeng Phet depuis Ayutthaya. Confortablement install?es dans un bus dit "V.I.P" avec moumoute rose/violette, air conditionn? et film de bagarre en thai plein les oreilles, nous somnolons en attendant que le bus se r?pare tout seul... h? oui, nous sommes en panne ! Nous nous entassons donc dans un bus dit "ordinaire" qui passe par l? pour les 3 derni?res heures de trajet, debout, en tailleur, couch?es dans l'all?e centrale. La gare routi?re est d?serte (encore une fois, les routards hippies on ne les voit plus quand l'acc?s aux sites est un chouia gal?re... enfin !), une femme tuktuk (scooter/camionnette amenag? avec des bancs ? l'arri?re)nous conduit ? une auberge. Nous n'avons pas la moindre id?e de notre situation dans la ville... et personne ne parle un mot d'anglais, ou ne sait lire un plan... Kamphaeng Phet, ?a ne va pas ?tre simple ! Il nous faut imperativement le lexique du guide... Car m?me avec les photos des menus, ou les plats dans les bouibouis, la communication, ne serait ce que pour acheter une bouteille d'eau est difficile !!!! M?me le mime, et on commence ? ?tre dou?es, ne suffit pas... Bref, nous dinons d'une bonne salade de papaye verte et d'un riz saut?. Comme pratiquement tous les soirs, apr?s une douche rafra?chissante, un brin de lessive et une hydratation int?grale ? l'antimoustique, nous nous lan?ons dans une partie de Scrabble endiabl?e. Pas un "mot compte triple" ne nous ?chappe, c'est la guerre du Z et du W... Tout se termine sous les applaudissements pour la gagnante qui remettra, d?s demain, sa victoire en jeu ! Il est au moins... 9h30, on bouquine un chapitre et on ?teint bien ? l'aise ? 3 dans un lit double ! Tr?pidentes les soir?es au bout du monde, n'est ce pas ?!! Kamphaeng Phet est plus r?put?e pour son imposant site arch?ologique que pour son championnat de Scrabble. Nous atteignons le site presque ? la boussole : pas une indication, pas un polyglote non plus ! Les vestiges sont superbes, noy?s dans une v?g?tation que les magnifiques ?l?phants de pierre ne peuvent retenir. Le soleil nous assome, et cela doit se voir car un vendeur de glace nous propose de nous d?poser dans le centre sur sa mobylette avec parasol et cong?lateur sur le c?t?... L'auto-stop version Miko ?a fonctionne alors on continue, plus classique, dans un pick-up. Le conducteur ne comprend rien ? rien, et nous d?pose encore plus loin... Bien jou? ! Bref, on r?cup?re les sacs destination la gare routi?re, on ach?te dans oeufs durs bouillis au sel pour tester, (immangeables, on les donnera), et des bananes ? p?pins, nous non plus on ne connaissait pas... attention aux dents car ils ressemblent plus ? des cailloux ! Ah oui, dans le bus pour Chang Mai, rebelotte pour le confort de l'all?e centrale ! Ayutthaya 13 mai 2005 Ancienne capitale du Siam, Ayutthaya est aujourd?hui articul?e autour de larges avenues encadr?es d?immeubles b?tonn?s ? colonnades nacr?es multicolores? du dernier chic architectural ! Les ruelles serpentent en arri?re des axes ? six voies et grouillent d??tals : fruits et l?gumes inconnus mais surtout pattes de volailles, tortues, serpents, grenouilles et crapauds, s?ch?s, fris, sal?s, barbotant, ou ?ventr?s. Dans ces march?s, on se rend compte que les Thais osent vraiment tout en mati?re culinaire ! Ayutthaya est une escale historique importante car m?me si la ville moderne prend le dessus, les sites arch?ologiques sont diss?min?s un peu partout. On enfourche nos jolies bicyclettes pour une visite vers le XVI ?me si?cle. Chedis, stupas, grands halls de pri?re et multitudes de bouddhas sont faits de briquettes ?? et l? mises ? nu sous des couches de pl?tre ab?m?es et noircies. Chaque site est prot?g? d?un parc dont les arbres ombragent notre visite. Tout est silencieux, alors que les klaxons de la ville sont ? quelques m?tres, la pr?sence des bouddhas habill?s de morceaux d??toffe orange donne une impression de c?r?monie discr?te. Bangkok 7 - 12 mai 2005 Suite ? nos quelques jours de farniente ? la plage, nous revoil? ? Bangkok pour r?cup?rer nos passeports avec nos beaux visas laotien et vietnamien avant de nous ?lancer vers le nord. Histoire de nous faire profiter un peu plus de l?hospitalit? de Cathy et Jean, Cath se d?voue pour une mauvaise toux qui donne l?occasion de visiter l?h?pital 5 ?toiles de Bangkok avec ses portiers, ses rafra?chissements, ses locaux rutilants et son arm?e de professionnels qui vous ausculte consciencieusement avant de vous laisser repartir avec vos m?dicaments dans un beau paquet cadeau !!! C?est donc, vous l?avez compris, avec joie que nous passons nos journ?es dans le bel appartement climatis? (il fait chaud ? Bangkok, tr?s tr?s chaud?.), entre s?ances de DVD et bons petits plats confectionn?s par Nada, leur employ?e de maison, avec de temps en temps un saut ? la salle de sport pour se donner bonne conscience?. Nous trouvons quand m?me le temps d?aller visiter le mus?e national avec de nombreux objets traditionnels malheureusement mal mis en valeur mais avec une belle section expliquant l?histoire du pays et de la monarchie omnipr?sente. Le Wat Pho, o? repose un immense Bouddha couch? au milieu de temples recouverts de fleurs en fa?ence multicolores, nous offre la possibilit? de tester le c?l?bre massage tha?. Nous voici donc toutes les 3 assises pour une s?ance de 45 mn consacr?e ? nos pauvres pieds, 45 mn beaucoup trop longues au vue de la souffrance et des bleus qui s?ensuivront. Une balade sur les canaux en bateau-taxi nous donne un autre aper?u de cette m?galopole avec ses bicoques en teck accroch?es au dessus de l?eau et envahies de fleurs et autres plantes grimpantes, qui s?opposent aux gros immeubles b?tonn?s bordant les immenses avenues. Cette ville est pleine de contrastes, entre son m?tro a?rien ultra-climatis? et la moiteur de la rue, entre centres commerciaux modernes et vendeurs ambulants, entre circulation bord?lique et balades fluviales paisibles. Koh Chang 1 - 6 mai 2005 C'est avec le but tr?s pr?cis de nous relaxer que nous partons pour l'?le de Koh Chang, l'?le ?l?phant. Depuis le petit bateau tout en couleurs qui fait la travers?e depuis Laem Ngop, ce petit bout de terre pr?sente un joli relief, recouvert de for?t tropicale. Le ciel est tr?s clair et une brise vient miraculeusement rafra?chir l'atmosph?re. Une hutte en paille et toit de palme, plant?e sur une pelouse verte et rase, ? l'ombre des cocotiers, sera notre cabane de Robinson Cruso?. A quelques m?tres de l? s'?tire une plage de sable gris-blanc parsem?e de nacre et de coquillages torsad?s. Ne rien faire ou presque, c'est pour cela que les touristes viennent dans ce coin de carte postale. Lecture dans un hamac, sieste perl?e de sueur, tel est notre lot pour ce s?jour r?cup?ration. Afin de ne pas se laisser envahir par l'inactivit? et disons-le par l'ennui, nous partons faire de la plong?e. Paul, un dive-master aux yeux ?carquill?s et ? la langue bien pendue nous chaperonne pendant cette journ?e ensoleill?e. La proue du bateau porte des fleurs et des rubans et la mer du golfe de Tha?lande prend des teintes d'?meraude. Les deux petits r?cifs que nous allons explorer, Hin Rap et Hin Look Baht sont des d?lices de coraux o? se tr?moussent et se cherchent querelle des poissons noirs bagu?s d'orange, stri?s de violet. Pr?s de la surface, dans les rayons du soleil, des poissons-fl?te planent au-dessus de ce petit monde silencieux et plein de vie. Sur le bateau, une ambiance de feu gr?ce ? un groupe d'allemands tatou?s souriants et communicatifs comme des b?nitiers! Bangkok 28 - 30 avril 2005 Enorme coup de bambou derri?re la t?te en arrivant ? l'a?roport international : la chaleur digne d'une ?tuve y est pour beaucoup et le taxi qui roule comme une bombe peine ? nous tenir ?veill?es. C'est chez Cathy et Jean que nous sommes log?es comme des princesses au 23?me ?tage d'une tour toute blanche dans le quartier de Sukumvit. Non loin de notre nid d'aigle, le m?tro a?rien high-tech nous permet de rejoindre le centre ville o? de larges avenues ? la propret? exemplaire sont d?cor?es de gigantesques photos du roi R?ma IX. L'effigie du souverain est partout, dans les bus, les tuk-tuks et sur les billets de banque. V?n?r? comme un dieu, il ne peut ?tre ni raill?, ni moqu?. La visite des temples de Bangkok permet d'?chapper quelques instants ? la folle circulation automobile et aux cruels rayons du soleil. Le Wat Phra Kaeo, cach? derri?re de hauts murs d'un blanc immacul?, est gard? par des statues grima?antes, gardiennes de ces lieux aussi sacr?s pour les bouddhistes que Lourdes peut l'?tre pour les catholiques. Cela explique la foule qui se presse, aid?e en cela par des surveillants z?l?s qui n'h?sitent pas ? siffler violemment quand on s'attarde pour regarder cet ensemble clinquant, plein de verroterie et de feuilles d'or. La visite du Vimanmek Mansion Museum s'est finalement av?r?e plus calme que la pr?c?dente. Imaginez une maison de tek, grande comme un palais, construite ? la fin du XIX et d?plac?e en 1901 dans un beau jardin ombrag?. On passe de pi?ces arrondies en boudoirs cosy, de salles de r?ception en chambres sobrement meubl?es. Tout est patin? et lustr?, ? l'image du sol en larges planches de bois roux. Sur les murs, des photos noir et blanc pr?sentent des membres de la famille royale en v?tements occidentaux. Haut de page Vietnam Can Tho 29 juin 2005 Retour sur le M?kong, le delta du fleuve opaque, laiteux, couleur caramel d?enfance. On parle du fleuve mais ce sont des dizaines de bras d?eau que nous passons pour prendre un bac et atteindre la ville principale de la r?gion au sud de Saigon. Rapidement, nous d?gotons une chambre chez l?habitant, et l?on organise notre balade dans les march?s flottants et dans les canaux labyrinthiques. De bonne heure le matin, une petite barque en bois nous attend au bout d?une jet?e improvis?e. A la rame en X, ou au moteur dont l?h?lice plonge au bout d?une perche longue de pr?s de deux m?tres, notre embarcation semble minuscule pr?s des sampans et autres p?niches charg?es de sable, de fruits, de bicyclettes, de riz encore brun, de jarres... Les bords du fleuve sont embouteill?s de maisons aux pilotis incertains, et de manufactures de bois qui entassent les troncs qui montent et descendent au gr? des mar?es. L?approche du march? est ?tonnament calme, les barques passent d?licatement les unes entre les autres, on p?se un morceau de viande, on lance des centaines de past?ques ? travers une ouverture, des paniers d?osier vides semblent se reposer en attendant la prochaine livraison de papayes. Un mat d?cor? en hauteur d?un melon, d?une aubergine, d?une bo?te de savon, une bouteille de soda, sert d?enseigne ? chaque ?choppe. On nous propose du caf?, une soupe, un ananas pr?par? avec la queue pour le d?guster tel une glace. Le commerce est le ma?tre mot au sein de cette halle des eaux, mais l?ambiance est douce et l?g?re car c?est ?galement un lieu de vie. Le linge s?che, les enfants jouent, les hamacs balancent les nourrissons, les fourneaux chauffent et le chapeau pointu attend son heure. La promenade continue dans les m?andres des canaux, dont les berges sont verdoyantes et parsem?es de maisons en bois, palmes ou autres t?les. Au d?tour d?un tronc immerg?, un groupe d?enfants se baigne, une femme, tel un oiseau pos? sur une ?troite planche qui sert aussi de jet?e, fait la lessive, la vaisselle. Le courant monte, les nuages noirs courent, mais rien, ni les saisons, ni la pluie qui tombe s?rieusement, ne saurait modifier le rythme de cette vie couleur caramel d?enfance... De Dalat ? Saigon 24 ? 28 juin 2005 La description de Dalat lue dans le guide du routard a fait sur nous l?effet de la confiture sur des mouches. C?est donc attir?es par la perspective d?une petite ville au climat temp?r?, tranquillement situ?e au bord d?un grand lac et entour?e de jardins et de for?ts, que nous avons fait le sacrifice d?un d?tour en bus pour d?couvrir cette petite suisse d?Asie. Hum, hum ! Ce que nous en avons vu n?est gu?re reluisant ... les m?mes vilaines constructions urbaines que partout ailleurs, un lac aux eaux marrons, des ronds points mis en sc?ne avec de faux arbres compos?s de pots de fleurs, des antennes en forme de tour eiffel. Bien s?r, tout ceci reste subjectif mais nous, nous n?avons pas du tout aim?. Mis ? part les pins qui ornent les collines environnantes, Dalat n?a pas r?pondu ? notre attente, loin s?en faut. Ajouter ? cela que pour voir des pins, il n?y a pas besoin d?aller si loin ! Un petit tour au march? pour acheter pain, fromage, g?teau et mangues et nous voici dans notre chambre mansard?e, regardant par les fen?tres sales les toits h?riss?s de r?teaux TV. Comment dit-on ?minable? en vietnamien ? R?ponse d?Ir?ne : Dalat ! Fou rire de 5 minutes ! Pour rejoindre Saigon, officiellement Ho Chi Minh ville, la route descend d?abord les fameuses collines de pins, toujours eux. Leurs fines aiguilles et leur tronc en puzzle se d?tachent avec nettet? sur le ciel bleu. Une fois dans la plaine, la campagne est un eden vert o? tout n?est que feuillages ?pais et brillants, vergers irrigu?s, potagers alourdis de l?gumes encore ? m?rir. Sur les pas de porte, des oignons sont ?tal?s pour s?cher au soleil. Au fur et ? mesure que l?on approche de Saigon, le bord de route est de plus en plus construit, ribambelles de boutiques, d?ateliers de m?canique, de cuisines et, oh surprise, d??glises catholiques ? l?architecture contemporaine. On voit aussi de grandes statues de J?sus ou de Vierge Marie perch?es au balcon de maisons au luxe ostentatoire. Ainsi, croix chr?tiennes et drapeaux communistes peuplent le ciel sud-vietnamien. Contrairement ? la banlieue particuli?rement laide et encombr?e, l?entr?e dans la capitale ?conomique rime avec calme et larges avenues ? l?abri de grands arbres. A l?heure du happy hour, des trombes d?eau s?abattent sur les rues soudain sombres et vides. Le XV de France se fait battre par l?Afrique du sud, dommage. Dans le centre de Saigon, il y a l?h?tel de ville de style n?o-classique, couleur caramel, rehauss? de fioritures d?un blanc immacul? ; la cath?drale o? une foule se presse pour assister ? la messe, certaines personnes restant ? l?ext?rieur ? c?t? ou juch?es sur leur scooter ; la poste dont le beau hall est surveill? de pr?s par un portrait g?ant d?Ho Chi Minh. Vers 17 heures, les habitants de la ville sortent pour faire leur gym et partout on joue au badmington, on fait son jogging ? petits pas, faisant remuer bras et genoux un peu n?importe comment mais en prenant un air tr?s s?rieux. Nha Trang 22 - 23 juin 2005 Le bouche ? oreille entre voyageurs nous am?ne ? faire une halte ? Nha Trang pour sa plage et surtout pour la r?putation de ses sites de plong?e... Et oui, nous sommes des inconditionnelles du scuba diving maintenant ! Nous arrivons de bon matin dans cette ville c?ti?re o? l?on fl?ne dans les rues, le march? (pour une nouvelle orgie de mangues et ananas juteux) et sur le front de mer. L?activit? du port est importante : un grand nombre de bateaux pour les groupes chinois ou cor?ens et des plus petits pour les plongeurs. Il semble que beaucoup d?occidentaux vivent ici pour r?pondre ? ce loisir qui commence ? ?tre une vraie ressource dans la r?gion. Deux sites, donc, deux plong?es... et la chance est avec nous car il est difficile, en g?n?ral, d?observer un serpent de mer ray? noir et blanc ainsi que des poissons-feuille. Ceux-ci donnent vraiment l?impression de l?g?ret? d?rivant au vent... du courant. Les rascasses sont ?normes ? l?instar des mur?nes l?opard. Les couleurs, les textures des an?mones et coraux sont superbes. Ces deux plong?es sont une tr?s jolie surprise au cours de notre p?riple vietnamien. Hoi An 20 - 21 juin 2005 Nous continuons notre descente vers le sud et arrivons en fin de journ?e ? Hoi An o? nous trouvons ? nous loger pour pas cher dans un h?tel tout neuf avec clim et TV5, le grand luxe pour nous !!!! Nous ne tardons pas ? nous rendre compte que cette petite ville est tr?s tr?s touristique puisque les rues sont envahies de tailleurs qui proposent des v?tements occidentaux sur mesure (on a h?sit? ? se faire faire un bon manteau en velours....), de boutiques d?antiquit?s et de restaurants n?ayant rien de commun avec les petits bouibouis au raz du sol dans lesquels mangent les vietnamiens. Il est toutefois charmant de se balader au fil de ces petites rues bord?es de basses maisons datant vraisemblablement de l??poque coloniale. Avides d?en apprendre plus, nous nous rendons ? l?office du tourisme o? l?on nous propose un pass de visite de la ville qui, en plus d??tre cher, a le gros d?faut de n?inclure qu?un exemplaire de chaque cat?gorie (pagode, mus?e, maison coloniale....) et si l?on veut voir 2 pagodes par exemple, il faut racheter un pass.....nous clamons donc haut et fort notre indignation avant d?aller boire quelques cocktails face au canal que nous avons la joie, ? la nuit tomb?e, de voir illumin? de centaines de petits lampions dansants sur l?onde sombre. Le lendemain matin, de bonne heure pour ?chapper ? la grosse chaleur qui s?vit dans ce pays, nous nous rendons en compagnie d?un guide ? 50 km de Hoi An sur le site de My Son o? de magnifiques temples de l??poque Cham, soit du VII?me au XIII?me si?cle, ont ?t? d?couverts ? la fin du XIX?me par les francais puis restaur?s avant d?etre pilon?s en 1969 par les B52....Il reste cependant quelques ?difices en briques rouges, quelques colonnes de gr?s qui t?moignent de la splendeur pass?e, dissemin?s dans une belle for?t o? nous ne croisons que quelques italiens oeuvrant ? la restauration du groupe G.....les touristes ne se l?vent pas t?t et ils ont bien tort !!! Hue 17 - 19 juin 2005 Que dire de la nuit en bus pour nous rendre ? Hue ? Qu?elle fut p?nible ! Pendant ces 10 heures de trajet, assises sur les si?ges du fond rendus br?lants par le moteur, nous avons vainement tent? de trouver une position confortable tandis que le chauffeur roulait ? toute allure, doublait sans visibilit? et freinait brutalement. Hue, ancienne capitale du Vietnam, a beaucoup souffert de la guerre contre les am?ricains et pendant l?offensive du T?t, des milliers de bombes sont tomb?es et ont d?truit la citadelle. Heureusement, quelques b?timents ont surv?cu ainsi que les belles portes au nom po?tique, Humanit?, Vertu mais il ne reste presque rien de la Cit? pourpre Interdite. Aujourd?hui, les arbres, frangipaniers et flamboyants, sont rois et les enfants ont la place de jouer au foot le long des murs d?enceinte. Des p?cheurs font flotter leur ligne au milieu de n?nuphars blancs, sur les eaux du lac du Coeur Serein. Sur les trottoirs, les coiffeurs attendent, ciseaux en main, leur prochain client et les cheveux noirs coup?s qui jonchent le sol t?moignent de leur efficacit? en mati?re de ratiboisage. Le matin suivant, nous embarquons sur un bateau ? double proue en forme de dragon grima?ant pour remonter la rivi?re Song Huong, la Rivi?re des Parfums, et visiter pagodes et tombeaux imp?riaux. Avec nous, des suisses, des allemands, une br?silienne et des argentins. Nous croisons des sampans, longues barques charg?es de sable et de galets. A leur bord, les femmes tournent les poulies pour faire remonter le godet rempli qu?un homme r?cup?re et renverse sur le pont. Premi?re ?tape de notre fl?nerie, la pagode de Thien Mu ou pagode de la vieille dame c?leste, fond?e au XVII si?cle. Elle se signale par une tour octogonale de sept ?tages symbolisant les r?incarnations de Bouddha. Un peu plus loin sur la rive, le tombeau de l??ternit?. C?est un lieu plein de po?sie avec un parc paysag?, l?ombre des feuilles sur les murs de briques recouverts de mousse, des bassins aux formes arrondies et envahis de lotus. Avant de devenir son tombeau, l?empereur Tuc Duc vivait dans ce palais, y composait des vers, entour? de ses ?pouses et concubines. Pour acc?der au mausol?e, il faut passer par l?esplanade au milieu des statues de mandarins, de chevaux, d??l?phants. On gravit quelques marches bord?es par une rampe figurant un dragon pour parvenir enfin ? la porte aux battants en bronze. Un pan de mur bouche la vue et repousse les mauvais esprits qui s?y cognent, comme sur un bouclier. Derri?re, une tombe est l? toute simple et depouill?e. Le tombeau de Kai Dinh quant ? lui est une vraie suprise. Ici pas de jardin ni de grand arbre, mais des vol?es de marches abruptes en b?ton gris. L?int?rieur est par contre un feu d?artifice de c?ramiques et de verres color?s. De la vaisselle de tr?s grande valeur a ?t? cass?e pour servir ? la composition des mosa?ques. Au premier abord, le d?cor fait sourire puis on ne peut rester insensible ? la ma?trise artistique n?cessaire ? la composition d?une branche de bambou ou d?abricotier, aux plumes d?un oiseau. Le soleil tr?s g?n?reux donne ? plein sur le large cours de la rivi?re, tout le monde s??vente et d?gouline. Fort heureusement, la derni?re visite se d?roule dans un superbe parc avec bassins et petits ponts. Les pavillons du tombeau de Minh Mang se dissimulent au milieu de grands pins et de douces collines. Les toits sont couverts de tuiles verniss?es avec sur le fa?te des dragons ? la gueule ouverte. Au sol, il y a de beaux carreaux jaunes et verts. Apr?s notre d?part, all?es et cours retrouvent leur calme. Le?on de la veille : se lever t?t pour ne pas souffrir de la chaleur ! A 6 heures du matin, nous passons rive gauche par le pont Trang Tien. Au grand march? Dong Ba, tout se passe par terre, sur des g?n?rations de pelures de fruits et de l?gumes. De grandes corbeilles d?un m?tre de diam?tre sont pleines de citrons verts, petits et ronds comme des cochonnets, d??chalottes et d?oignons. Noix de coco, ananas et canards aux plumes claires attendent un acheteur. Vinh Binh 16 juin 2005 En quelques heures de bus depuis Hano?, nous voici ? Vinh Binh, petite bourgade r?put?e pour le site dit de la Baie d'Along terrestre. Apr?s une "noodle soup" dans les ruelles, nous chevauchons des mobylettes avec chauffeurs, s'il vous pla?t ! Les pics de calcaire sont dispers?s le long d'un cours d'eau et de rizi?res. Les femmes rament avec les pieds dans une posture nonchalante, et vendent des broderies fleuries, sp?cialit? artisanale locale. La rivi?re est le paradis des canards et canetons de toutes tailles, de toutes couleurs qui zigzaguent au milieu des lentilles d'eau aussi vertes que le relief exceptionnel o? la nature se fait la part belle. Nos chauffeurs nous attendent pour poursuivre par la visite d'une pagode et d'un temple d?di? aux anciens. Sur le chemin, partout le riz s?che, en brin ou en grain, on roule dessus et tout virevolte tel des ?claboussures, les odeurs sont ennivrantes, presque ferment?es. Le chemin est ?troit et toute l'activit? de la campagne s'y rencontre. En attendant notre prochain bus pour la nuit, nous d?gustons un joli Dragon fruit ou Rainbow. Sapa 11 - 13 juin 2005 Refusant de nous faire arnaquer comme de vulgaires touristes en achetant nos billets de train, nous finissons donc par exiger les places les moins ch?res et fi?res comme tout d'avoir su ?chapper au pi?ge, nous nous retrouvons assises sur une banquette en bois dans un wagon bond? de vietnamiens tr?s surpris de nous voir l?. Il est 18h et nous voici parties pour 10h de voyage de nuit direction Sapa, dans le nord du pays. Vers minuit, notre fiert? laisse place ? des douleurs g?n?ralis?es et une longue attente.... Arriv?es ? Sapa, nous ?chappons enfin ? la moiteur de la plaine et respirons l'air frais de la montagne. la ville est perch?e sur une cr?te et les grands immeubles de style vietnamien, qui ont malheureusement aussi r?ussi ? pousser ici, dominent les rizi?res qui s'?lancent sur les flancs de ces monts verdoyants. Ces plantations en terrasse sont l'une des raisons de notre venue ici. Nous passons donc la fin d'apr?s-midi ? crapahuter au milieu des parcelles ?tag?es sur un chemin r?cemment b?tonn? qui facilite la promenade des touristes et esp?rons aussi la vie des paysans Hmongs qui vivent l?. La deuxi?me raison de notre pr?sence ici est, comme vous l'avez devin?, les ?thnies montagnardes qui peuplent la r?gion: c'est un v?ritable spectacle de se balader au march? et dans les rues de Sapa o? femmes Hmongs, tout de bleu-marine v?tues, cotoient les Dzaos reconnaissables ? leur belle toque rouge. Portant pantalons courts, jambi?res et vestes brod?es, bien diff?rentes d'une ?thnie ? une autre, elles arborent aussi de grandes boucles d'oreilles et de larges sourires, surtout quand il s'agit de nous vendre de l'artisanat. Tr?s accrocheuses, ces femmes se d?brouillent beaucoup mieux en anglais que la plupart des autres vietnamiens, tandis que les hommes, portant une calotte, fument de grandes pipes ou jouent d'instruments de musique uniques en leur genre. C'est donc charg?es de quelques kilos en plus que nous regagnons Hanoi, en bus cette fois, ou bien devrait-on dire gerbi-bus....Les vietnamiennes ont en effet la particularit? de ne pas supporter ce moyen de transport et vomissent presque toutes dans des sacs ou bien par la fen?tre, laissant le soin au vendeur de billets de venir essuyer les malchanceux assis derri?re qui ont alors re?us quelques ?claboussures ....sisisi, c'est du v?cu...joies du voyage !!! La baie d'Along 7 - 9 juin 2005 C'est ? bord de notre jonque quasi d'?poque (la voile est l?, pli?e), en compagnie de notre capitaine et de notre guide-cuisinier, que nous nous ?lan?ons ? l'assaut des flots verdoyants de cette mythique ?tape. Nous laissons derri?re nous la ville de Cat Ba, avec son front de mer b?tonn? qui se transforme le soir en une sc?ne scintillante rivalisant avec Miami Beach... Les immeubles modernes sont d?s lors remplac?s par de charmantes bicoques flottantes en bois vertes et bleues pos?es sur des tonneaux ou des pneus et organis?es en rues o? canotent de petites coquilles de noix en joncs goudronn?es qui jouent les r?les de taxis et vendeurs. Des chiens de garde attendent enfin de l'action qui ne vient pas tant tout est calme dans ce village de p?cheurs. Rapidement, nous ne voyons plus personne et seuls les mondialement connus pains de calcaire surgissent du lait ?meraude du golfe du Tonkin, nous laissant presque silencieuses devant tant de beaut?. Ces ?normes cailloux se cachent les uns derri?re les autres, apparaissent d?s l'un d?pass?, tous semblables et cependant si diff?rents. Des plantes ont r?ussi l'impossible, ? savoir prosp?rer sur ces flancs si peu hospitaliers, et h?bergent, g?n?reuses des millions de grillons qui offrent le son ? ce spectacle inoubliable. Le clou nous est offert du haut d'un de ses figurants, ? savoir une vue de 360 degr?s jusqu'? l'horizon, o? les gris se superposent aux gris, formant un tableau tout en nuance imprim? pour toujours au fond de nos r?tines. Pour couronner cette exp?rience unique, nous affronterons une temp?te durant la nuit qui nous emp?chera de dormir et qui entra?nera nos chaises en plastique au fond des eaux, comme d'innombrables d?chets malheureusement d?j? crois?s.... Hano? entre le 5 et le 15 juin 2005 Par ?pisodes entre la baie d'Halong et les montagnes du nord, nous avons fait connaissance avec la capitale vietnamienne, sa chaleur moite et ses terribles orages de fin de journ?e qui font d?border les caniveaux en quelques minutes. Au grand march? Dong Xuan, nous nous promenons au milieu des fortes odeurs de poisson et des palanches lourdement charg?es que portent presque en trottinant des femmes au fr?le physique. Un foulard sur le visage qui ne laisse voir que les yeux, le chapeau pointu dissimule les cheveux, pantalon noir droit et chemisier ? fleurs, toutes ces vendeuses de la rue semblent interchangeables ? l'infini. Certaines se r?v?lent tr?s ent?t?es quand elles veulent nous vendre leur marchandise. Un soir, sous une pluie battante, nous nous rendons au th??tre pour un spectacle de marionnettes sur l'eau, un comble! Cet art vieux de plusieurs si?cles met en sc?ne la vie des paysans dans les rizi?res, les saisons qui passent, les r?coltes mais aussi les l?gendes et les g?nies. Gr?ce ? un syst?me de tiges dissimul?es dans l'eau, des artistes eux-m?mes immerg?s jusqu'? la taille, animent des personnages et des animaux en bois, renards, canards, poissons, au son d'un orchestre traditionnel. Voix haut-perch?es et instruments ? cordes pinc?es et frott?es nous emm?nent dans une ambiance ?trange o? les sonorit?s et l'esth?tique sont ?trang?res. En vue de notre escapade dans les montagnes du nord, nous avons d? passer l'?preuve de l'achat d'un billet de train. En Inde, c'?tait difficile, au Vietnam cela tient du d?fi ! Pour notre plus grande chance, Luong, ?tudiant en finances, faisant lui-m?me la queue au guichet, nous pr?te main forte pour ?viter les nombreux traquenards pos?s par les employ?s des chemins de fer. Ces derniers, soit nous ignorent, soit tentent de nous vendre les billets les plus chers. Difficile dans ces conditions de garder son calme mais il le faut car se mettre en col?re revient ? perdre la face. Pour se d?tendre apr?s un tel ?pisode, nous partons visiter le beau temple de la Litt?rature et son jardin ombrag?. C'est en fait la premi?re universit? du Vietnam, construite au XI?me si?cle. Succession de portiques et de cours, ce temple abrite des st?les o? sont grav?s pour l'?ternit? les noms des meilleurs ?l?ves. La temp?rature et l'humidit? atteignant des sommets ? Hano?, l'air conditionn? de notre chambre d'h?tel sans fen?tre est une v?ritable aubaine. Les viennoiseries, chocolatines et croissants, aussi ! Rassurez-vous, nous ne faisons pas que manger, on visite aussi. Citons le mausol?e d'Ho Chi Minh, grande b?tisse grise gard?e par des militaires en uniforme blanc ; le mus?e d'?thnographie qui dresse un inventaire des 54 minorit?s ?thniques pr?sentes sur le territoire. Notre derni?re soir?e dans la capitale restera dans les m?moires. Deux heures dans une boutique de soie ? dire sur tous les tons ? la vendeuse que les tuniques que nous avions command?es n'?tant pas bien coup?es, nous d?sirions r?cup?rer les arrhes. Nous avons expliqu? gentiment nos motivations, puis plus fermement pour ensuite crier, hurler et m?me menacer d'appeler la police et l'ambassade de France tant qu'on y ?tait ! La prise en otage de deux articles de la boutique a fait acc?l?rer un peu les choses et fait venir les voisins et la patronne. Encore quelques minutes de dispute et miraculeusement, les billets sont apparus ! De Phonsavan ? Hanoi 3 - 4 juin 2005 Good Morning Vietnam ! Il est 6h30 du matin et le bus est charg?, tr?s charg? pour passer du Laos au Vietnam. C'est un peu l'aventure car ce poste fronti?re, second de la partie nord indochinoise, n'est pas encore r?f?renc? dans les guides puisque ouvert depuis sept mois seulement. Et puis, cette route ?tait r?put?e dangereuse car l'une des plus min?e et terrain de jeux des pirates des montagnes... Aujourd'hui tout va bien ! Les paysages sont superbes, mais qui dit nouveau passage, dit nouvelle route, soit pr?s de douze heures de trajet sinueux en travaux, autant entre les villes et les villages que dans les cultures ou la for?t. On a l'impression qu'un ?norme bulldozer a trac? une longue tranch?e en arrachant tout : l'asphalte, les ponts, les poteaux ?lectriques, m?me les fa?ades des maisons et boutiques. Dans ces conditions, le trajet est long et chaotique. Mais le temps passe en conversant avec Caroline et Graame, couple germano-n?oz?landais tr?s sympathique avec qui nous irons jusqu'? Hanoi. Escale pour une nuit ? Vinh, o? l'on en profite pour regarder une demi-finale de Roland Garros... Bien agr?able ! Le long du Golfe du Tonkin, en montant vers Hanoi, une seule et unique route ? deux voies o? les villages ne semblent ne jamais s'arr?ter. Nous sommes constern?es ? la d?couverte de l'architecture vietnamienne d'apr?s guerre : les immeubles, de couleurs flashies (violet et vert, orange et bleu roi, jaune et rouge), large d'une pi?ce sont mont?s sur minimum quatre ?tages, avec une avanc?e triangulaire sur la derni?re terrasse qui abrite une jolie statue et, en relief et italique de couleur, l'ann?e de construction... sans oublier les rambardes de balcons immitation encadrement de lit en acier brillant... Alors, la po?sie des paysages rattrape notre surprise : les brins de riz s?chent sur les bas-c?t?s, les champs se suivent et les verts ne se ressemblent pas... L'activit? sur cette art?re du pays est impressionnante : tout grouille, tous travaillent, tout circule, tous jouent, tout se vend... Haut de page Laos La plaine des jarres 02 juin 2005 C'est le drapeau communiste, omnipr?sent, qui nous accueille ? Phonsavan en milieu d'apr?s-midi. Nous apprenons alors que le bus pour le Vietnam partira demain matin et le suivant 3j plus tard: c'est donc press?es que nous partons illico pour la plaine des jarres !!! Cet endroit unique pr?sente quelques centaines de jarres en calcaire datant d'environ 2000 ans ?parpill?es sur quelques hectares. Elles ?ventrent le sol, certaines peuvent peser jusqu'? 2 tonnes, et servaient vraisemblablement d'urnes fun?raires mais rien n'est encore vraiment ent?rin? ? ce sujet. C'est tr?s impressionnant mais pas encore class? au patrimoine de notre ch?re humanit? pour la bonne raison que l'ensemble du terrain n'a pas ?t? d?min? et qu'il faut bien faire attention de marcher entre les bornes qui apparaissent de ci de l? dans les hautes herbes....nous n'avons jamais march? aussi droit !!! Notre derni?re soir?e au Laos se termine en beaut? avec la meilleur gargotte du s?jour o? noddles soup et riz gluant sont ? la f?te et les sourires de nos h?tes si agr?ables !!! Luang Prabang 30 mai - 01 juin 2005 Le bus, quasiment vide au d?part de Vientiane, ne le reste pas longtemps car nous nous arr?tons toutes les 5mn pour charger des cartons par dizaines ? l'arri?re, mettant en p?ril nos pauvres cr?nes au moindre ralentissement un peu brusque...Pour nous "rassurer" et ? la vue de l'?tat des si?ges, on se dit qu'il n'y a surement pas de freins...nous voici en route pour Luang Prabang, cit?e enti?rement class?e au patrimoine mondial de l'Humanit?. Tr?s rapidement, la route s'engage dans la montagne envahie de bas nuages o? ma?s et bananiers s'?lancent ? l'assaut des flans escarp?s de ces pains de calcaire. Notre bus fait fi?rement du 30 km/h mais reste la terreur des familles de dindons, cochons et poules quand nous traversons les villages constitu?s d'une enfilade de maisons en palmes sur pilotis juch?es entre la route et le vide. Les enfants sont parfois nus mais les immenses antennes satellites dominent les toits de chaume...d?callage !!! Sous la pluie battante, des sacs de choux sont charg?s sur le toit sous la surveillance d'un homme arm? d'une mitraillette...on lira plus tard que la route 13 n'est pas tr?s sure. Mais tout se passe bien et nous voici arriv?es dans une paisible petite ville sillonn?e par le M?kong, envahie de flamboyants, acacias et frangipaniers. Les trottoirs en briques, proprets, m?nent de temples bouddhiques en maisons coloniales; tr?s peu de v?hicules circulent, renfor?ant le c?t? calme et un peu d?suet de cette charmante bourguade. Comme partout au Laos, les gens vivent ? moiti? dans la rue et la pi?ce principale de leur habitation, qui sert de salon, salle ? manger et garage entre autres, est ouverte de toute sa largeur ? la vue des passants. Le dernier jour, nous nous levons courageusement ? 5h30 pour assister ? l'aum?ne des bonzes et c'est solennelement que nous en voyons arriver dans la brume matinale quelques 300, marchant ? la queue leu-leu en silence, dans leur belle tunique orange. Vientiane 27 - 29 mai 2005 Nous partons vers Vientiane, capitale du Laos... Les transports sont exceptionnels de surprises ! Nous nous faisons une mini place dans un tuk-tuk collectif charg? d'?normes paniers d'osier ruisselants remplis de coquillages et autres poissons. Le nuage de mouches agglutin? autour du chargement nous suivra pendant toute l'heure de trajet ! On fait presque une course-poursuite pour attraper notre premier bus du p?riple... Dans celui-ci, en plus des poulets, des tonnes de choux, des tables-machines ? coudres, nous avons dans le couloir 3 mobylettes ! Les derni?res rang?es sont r?serv?es ? une dizaine de jeunes bonzes fumeurs et railleurs qui doivent passer par les fen?tres pour sortir ! Le second bus est beaucoup plus classique, avec sa crevaison et sa panne de boite de vitesse... Nous jouons les French doctors aussi, en soignant une vilaine plaie d'une dame... ensuite il a fallu regarder les genoux de sa voisine, les yeux du monsieur derri?re... Vientiane... ?tonnant de parler de capitale, alors que beaucoup de rues sont en terre battue, que les barraques sont sur pilotis et semblent pr?tes ? chanceler ? chaque bourasque ! Un simple coup de fil ? la famille Labadie, connaissances d'amis d'Isabelle, suffit pour se faire embarquer dans une soir?e au centre culturel fran?ais pour une pi?ce de th?atre... La version revue et corrig?e des Contes des mille et une nuit par les ?l?ves de l'?cole fran?aise de Vientiane. Un bien beau bravo pour ce joli succ?s, dr?le et plein de rythme... mention sp?ciale ? notre speakrine pin-up Marine pour son interpr?tation ! Nous passons 3 jours ? nous promener dans Vientiane, entre deux orages : les temples varient du magnifique Vat Sisaket ? base rectangulaire cern? de bouddhas et de dragons, au chedi totalement dor?, au stupa de briquettes et pl?tre, en passant par les temples d?cor?s de n?ons multicolores ou les fontaines en forme de lotus g?ant... mais surtout ? nous faire chouchouter par Marie-Fran?oise et Jacques. Un grand merci pour votre magnifique accueil ? tous les trois, ainsi que pour la d?couverte du march? et de mets typiques. Don Det 25 - 26 mai 2005 De d?licieuses cr?pes fourr?es ? la banane et napp?es d'un miel blond tr?s liquide nous donnent les forces n?cessaires pour retraverser le fleuve placide sous un ciel argent. Sur la barge, des femmes ? chapeau pointu vendent de la soupe pour le casse-cro?te de 10 heures. A l'intersection de la route 13, un tuk-tuk collectif attend de se remplir. Un couple de bulgares sympathiques et deux jeunes n?erlandais roses de coups de soleil sont d?j? en place. A chacun de nos arr?ts, une nu?e de petits vendeurs s'approche avec brochettes de poulet, de sauterelles grill?es et de beignets ronds. Ban Nakasang est un point de d?part pour les fines barques qui sillonnent les multiples bras du M?kong. C'est la r?gion de Si Phan Don ou des 4000 ?les et notre choix s'est port? sur celle de Don Det. Apr?s avoir laiss? passer les heures les plus abrutissantes de chaleur, nous louons des v?los, again, pour partir ? la d?couverte des paysages insulaires et de la vie paisible que semblent mener les gens d'ici. C?t? gauche de l'?troite piste sur laquelle nous roulons, il y a la berge assez abrupte que les enfants ont descendue pour aller se baigner. De temps ? autre, une embarcation vermoulue ?merge ? peine des herbes pr?s du bord. Des nasses ovales et des filets s?chent aux branches des arbres ainsi que des guirlandes de poissons coup?s en deux. C?t? droit de la piste, les maisons sur pilotis sont pr?c?d?es d'un jardin qui les ombrage. Sous le premier ?tage aux portes closes, dans la p?nombre des piliers qui isolent des inondations, une femme fait balancer un berceau, grande corbeille tress?e, tandis qu'une famille de canards et souvent un gros cochon noir se reposent sur le sol poussi?reux. A cheval sur nos selles, luttant contre les cahots et p?dalant vivement car l'heure du couchant approche, on d?gote un coin de paradis. Des nuages ?tir?s et d'autres plus compacts jouent ? faire des ombres chinoises avec le soleil rouge. Les silhouettes des p?cheurs qui d?plient et lancent les filets se d?tachent ? la perfection et l'eau du M?kong est un miroir parfait pour les derniers ?clats du jour. Don Det demeure encore un peu ? l'?cart de la modernit? avec le courant ?lectrique seulement disponible de 18h ? 22h. C'est ainsi que la fin de soir?e se d?roule dans notre bungalow spartiate, seulement meubl? d'un lit surmont? d'une moustiquaire rose, ? la lueur vacillante de bougies. La nuit quant ? elle va se r?v?ler pleine de bruits nous emp?chant pratiquement de fermer l'oeil. Parmi les ?l?ments perturbateurs, citons un buffle qui n'a rien trouv? de mieux que de s'installer sous notre habitation pour ruminer, un coq insomniaque, plusieurs chiens d?cha?n?s et des p?cheurs extr?mement matinaux qui ont fait d?marrer le moteur de leur barque bien avant que le jour ne se l?ve. Champassak 23 - 24 mai 2005 Apr?s une nuit de bus et une heure de pick-up, nous voici ? la fronti?re sud entre la Thailande et le Laos. Le passage s'effectue dans un capharna?m de boue, de travaux, de petits vendeurs, d'?tals de surplus des arm?es. On avance sans trop savoir si nous sommes encore en Thailande ou d?j? au Laos. Avec un nouveau tampon sur le passeport, nous entrons dans l'un des pays les plus pauvres de la plan?te : la R?publique d?mocratique populaire du Laos. Les diff?rences avec sa riche voisine sont d?j? visibles. C'est de Pakse que nous partons pour Champassak, dans un tuk-tuk collectif, puis barge pour traverser le M?kong... Mythique M?kong ! Nous sommes en compagnie de femmes habill?es du sinh, longue jupe noire avec une frise brod?e en bas ; elles portent le chapeau pointu et proposent leur marchandise dans des palanches, les fameux paniers d'osier en balancier sur l'?paule. A bord, tout le monde se r?gale des oeufs durs couv?s... Nos exp?riences gastronomiques s'arr?tent lorsque que nous les voyons croquer le foetus du poussin ! Il pleut des hallebardes ! Le tuk-tuk prend l'eau, on en est presque ? ?copper ! Nos sacs, m?me sous la b?che, sont imbib?s, on amuse toute la compagnie en nous ?brouant... Et nous avons froid pour la premi?re fois depuis des mois... Bienvenue dans un monde de mousson ! Le M?kong est large et ses rivages sablonneux s'?croulent dans les eaux brunes. Abrit?es dans une auberge, nous appr?cions les arcs-en-ciel qui se d?tachent dans un ciel charg? d'?clairs. D'un c?t? le fleuve, de l'autre, une montagne d?coup?e et verdoyante. Nous sommes d?j? envout?es par le Laos ! Champassak est un joli village dont les maisons coloniales sont encadr?es de grandes maisons en teck sur pilotis. La partie basse des maisons semblent r?serv?e au stockage, aux mobylettes et aux hamacs. Nous le traversons ? bicyclette pour rejoindre le site Wat Phu, r?cemment class? par l'UNESCO. C'est une agr?able balade d'une dizaine de kilom?tres dans la campagne laotienne, o? les enfants nous crient Saba?di des balcons ou des cachettes dans les arbres. Suivez nous... Deux grandes batisses aux entr?es effondr?es, de base rectangulaire, ouvrent le spectacle de ce temple khmer. Une grande all?e dont les dalles permettent d'imaginer les p?lerinages difficiles, nous conduit jusqu'aux marches in?gales. La montagne est terrass?e, les pierres modelant ces ?tages sont noires et se distinguent dans une multitude de verts. On remarque des frises, des figures dans les ?boulis, les anciennes rampes. Au sommet, le temple se fond parmi les ombres de la v?g?tation et de la falaise. Le Bouddha semble ?triqu?, trop grand dans ce temple dont les murs lat?raux se d?chirent. L'encens fume, les fleurs et feuilles de bananiers pli?es pour les offrandes s?chent et pourrissent, la mousse verte et jaune gagne sur les parois. La vue de la montagne alentour est superbe avec les nuages coinc?s dans les pics et les vapeurs d'humidit? qui s'?chappent en chemin?e. Mais un nouvel orage menace, c'est la course contre la montre avec un ?norme nuage ? notre suite... Le retour des hallebardes ! Cela nous oblige ? ?tendre notre escale dans ce charmant village de Champassak o? nous en profitons pour d?finir notre p?riple laotien. Haut de page Cambodge Retour ? Bangkok 7 - 12 juillet 2005 Hou la la ! Et dire que nous pensions avoir connu le pire en terme d'inconfort pendant un trajet en bus ... L?, on a atteint des sommets ! De Siem Reap ? Poipet, ville fronti?re avec la Tha?lande, il n'y a pas de route, du moins comme nous l'entendons. C'est une succession de trous b?ants, de ponts ?troits sur lesquels nous avons tressaut?, bondi et rebondi plus ou moins souplement, ? l'arri?re d'un minibus SANS amortisseur. Un cauchemar pour la colonne vert?brale pendant les 6 heures que ce supplice a dur?. Poipet est une ville pleine de poussi?re o? les tha?landais viennent perdre leur salaire dans les casinos flambant neufs. Dans la rue, entre les baraques de douanes cambodgienne et tha?, des gens mis?rables tirent et poussent des charrettes pleines de mat?riaux de r?cup?ration et autres marchandises ind?termin?es. De tr?s jeunes enfants mendient les devises aux nombreux blancs qui viennent et qui vont. Passeports tamponn?s, nous montons dans un autocar super luxe, double-?tage, plafond bleu-layette capitonn? et petits rideaux ? volants qui tombera lamentablement en panne en arrivant ? Bangkok ! Tout le monde quitte le navire en perdition, laissant le chauffeur se d?brouiller tout seul. Nous avons quitt? Siem Reap ce matin ? 7h45 et il est 21 heures lorsque nous entrons dans le bel appartement que Cathy et Jean, en vacances en France, nous ont laiss? ? disposition. S?quence escroquerie : lors de notre premier s?jour ? Bangkok, nous avons achet? un billet d'avion pour aller en Indon?sie. N'ayant jamais vu la couleur du billet, nous nous rendons ? l'agence de voyage avec qui nous avions fait affaire et nous voil?, yeux ?carquill?s, devant un local vide. Evidemment, nul ne sait o? le commer?ant ind?licat est pass?. Avez-vous d?j? essay? de porter plainte dans un commissariat o? personne ne comprend ce que vous dites ? Le pompom c'est quand le policier vous demande ce que vous attendez de lui...En croisant d'autres voyageurs malchanceux, on r?alise que l'on en s'en sort finalement pas si mal. Siem Reap 3 - 6 juillet 2005 Il est ? peine 5h lorsque nous enfourchons nos petites bicyclettes et nous ?lancons dans les rues d?sertes et noires de Siem Reap. Seuls quelques tuk-tuks et minibus nous montrent le chemin ? la lueur de leurs phares. Une fois nos bobines prises en photo et scotch?es sur notre pass, nous p?dalons de plus belle, port?es par quelques 1000 ans d?histoire, ? la rencontre d?un des plus beaux sites arch?ologique du monde : les temples d?Angkor !!! Nous profitons de l?aube naissante pour nous pr?senter devant le plus connu des multiples ?difices khmers qui jalonnent ces quelques centaines d?hectares que comptent ce sanctuaire : Angkor Wat. C?est par la petite porte, celle que personne n?utilise jamais, que nous d?cidons d?entrer dans l?enceinte de ce temple datant du 12?me si?cle et d?di? ? Vishnu. Nous ne sommes alors qu?au sein de la muraille ext?rieure et d?j? apsaras (danseuses), rosaces, frises ornent murs, colonnes, frontons, nous laissant extasi?es devant tant de finesse, tant de d?tails qui ont su r?sister aux attaques du temps et surtout des hommes : il n?y a pas si longtemps les khmers rouges se cachaient ici. De l?autre cot?, une immense esplanade travers?e d?une longue all?e m?ne au coeur de cette ville consacr?e aux dieux hindouistes. Au loin, dans la brume du petit matin, apparaissent si caract?ristiques du style khmer 3 tours, la principale, majestueuse, entour?e de ses 2 gardes qui cachent leurs jumelles dans une parfaite sym?trie. Il est alors temps de nous perdre dans ce temple constitu? de cours, de p?ristyles, d?escaliers orn?s de fleurs et de danseuses aux seins provoquants et aux coiffures extravagantes s?opposant ? l?austerit? de ce gr?s un peu triste. La mont?e d?un escalier raide et us? par les ans nous offre une vue exceptionnelle sur le parc, les bassins et la for?t qui court jusqu?? l?horizon. En ressortant, nous d?couvrons pour notre plus grande joie une frise couvrant les 4 murs de la galerie ext?rieure et repr?sentant les victoires de Shiva et Vishnu sur les d?mons, quelques sc?nes de vie quotidienne de ces dieux qui ?taient alors v?n?r?s par les khmers avant de c?der la place au bouddhisme. Estomaqu?es par tant de splendeur, nous d?cidons de rentrer nous reposer pour revenir au coucher du soleil, malheureusement g?t? par un bel orage tropical....vivement demain !! Il est ? peine 5h quand nous enfourchons nos petits v?los pour nous rendre cette fois-ci au temple de Bayon. Il ne fait pas encore grand jour quand nous nous retrouvons seules face ? cet ?difice de gr?s gris compos? de 54 tours imbriqu?es les unes dans les autres et reli?es par divers couloirs, passages et escaliers cach?s. D?s lors, ce n?est que petit ? petit, dans un silence ?motionn?, que nous nous rendons compte que ces d?mes nous observent : des visages gigantesques percent la pierre aux quatre points cardinaux, un l?ger sourire aux l?vres de nous voir si impressionn?es. C?est un instant magique, ?nigmatique, inoubliable. Laissant la place aux cars de japonais et de cor?ens qui commencent ? envahir les lieux, nous continuons notre balade vers l?esplanade aux ?lephants, les pyramides ? degr?s de Phymeanakas et de Baphuon avant d?attaquer le grand tour, pour faire un peu d?exercice....Quelques 30 km plus tard (c?est beaucoup au vu de la qualit? des v?los...), c?est ext?nu?es que nous rendons nos bicyclettes au loueur... Il est ? peine 5h lorsque nous montons dans notre tuk-tuk pour nous rendre au nord de Siem Reap visiter l?ensemble de Roluos, datant du 9?me si?cle et constitu? d?une pyramide ? degr?s gard?e par des ?l?phants et des lions, de tours en briques passablement effondr?es pour certaines mais pr?sentant encore de tr?s beaux frontons en stuc d?licatement sculpt?s. La lumi?re, pour la premi?re fois, emplit nos objectifs d?une belle couleur dor?e !! Nous retournons, cette visite achev?e, sur le site principal d?Angkor pour terminer la visite des temples principaux, ? savoir Ta Keo et sa pyramide ? degr?s en laterite surplomb?e de chapiteaux en gr?s gris aust?res car non decor?s ; Ta Prohm, qui a la caract?ristique d?avoir, apr?s quelques travaux de s?curit? et d?acc?s, ?t? laiss? en l??tat pour donner une id?e de l?aspect qu?avaient ces ?difices lors de leur d?couverte par les fran?ais ? la fin du 19?me si?cle (avec ces arbres immenses recouvrant les murs, les tours ?croul?es et leurs racines ?touffant les fragiles danseuses). Nous finissons par n?gocier avec notre charmant chauffeur pour nous rendre ? quelques 20km de l? sur le site de Banteay Srei, pour terminer en beaut? notre d?couverte de l?art khmer. Seul temple en gr?s rose, nous avons la chance de voir le soleil percer le voile blanc qui nous recouvre depuis 3 jours pour venir ?clairer les magnifiques frontons cisel?s et les murs rayonnants, aveuglants dans des tons ocres rouges. La fin de journ?e nous voit nous gaver de 3 kilos de mangues fabuleuses avant d?assister, un peu tristes, ? la victoire de Londres pour l?obtention des JO de 2012. Phnom Penh 30 juin - 2 juillet 2005 Durant notre p?riple, nous avons travers? des fronti?res en bus, ? pied, en camion m?me, mais en bateau, c?est une premi?re entre le Vietnam et le Cambodge. Et si le voyage dure toute la journ?e, il est tr?s agr?able d?admirer les berges o? ma?s et riz poussent en arri?re-plan des maisons sur pilotis d?o? des barques aux grands filets multicolores semblent se reposer. D?s que nous mettons pied ? terre, nous constatons que les paysages, la campagne, sont tr?s pr?serv?s, pas de construction anarchique, pas d?armada de mobylettes, mais des habitations en bois et des tracteurs pour transports collectifs. Alors que les grands axes desservent les b?timents publics et les monuments religieux, les rues de Phnom Penh, capitale de ce petit royaume, sont chaotiques en terre battue, parsem?es de gravillon et dont les angles sont encombr?s de pyramides de d?chets. La ville se visite ? pied : les temples rassemblent des ?coles, des habitations, des ateliers, des jardins o? se d?tendent bonzes et nonnes ; le Mus?e national collectionne de tr?s belles pi?ces malheureusement non comment?es ; le Palais royal et sa Pagode d?argent ; et le march? central o? cafards, araign?es et larves croustillantes c?toient pierres pr?cieuses, perruques, fruits, et autres v?tements de contre-fa?on. Phnom Penh est une cit? simple et sympathique qui marque le voyageur surtout apr?s la visite du Mus?e du g?nocide. Install? dans un ancien lyc?e transform? en prison par les troupes de Pol Pot, c?est un silence respectueux qui nous accompagne au milieu des photographies des d?tenus qui tous nous regardent sans nous mettre mal ? l?aise, pour t?moigner de leur fin. Et on r?alise l?ampleur : un tiers de la population du pays meurt entre 1975 et 1979. On r?alise l?atrocit? : les taches brunes sur les sols. On r?alise la proximit? dans le temps : Pol Pot d?c?de en 1998. On r?alise l?impunit? : les bourreaux non traduits en justice encore. Et l?on r?alise la valeur de la spontan??t? du sourire des cambodgiens. Haut de page Chine P?kin 26 juillet ? 6 ao?t 2005 A la descente du train grand luxe, une jeune femme nous aborde et nous promet une chambre d?h?tel bon march? ? proximit? de la place TianAnmen. Apr?s d??pres discussions, les derni?res heureusement, nous atterrissons dans un petit ?tablissement, ? 50 m?tres du lieu o? Isabelle avait log?, 6 ans plus t?t. Le quartier a bien chang?. De l?autre c?t? de la rue, dans un grand b?timent gris ? la mode sovi?tique, un supermarch? aussi bien fourni qu'en France accueille de nombreux Chinois tr?s ? l?aise dans leur nouvelle soci?t? de consommation. A l??tage sup?rieur, une pi?ce froide et nue abrite une centaine d?ordinateurs branch?s 24 h/24. Les abords du Temple des Lamas et de Confucius ont eux aussi ?t? polic?s : les boutiques ? offrandes, encens et fleurs de lotus en plastique, donnent d?sormais sur des trottoirs ?largis et aplanis et les fa?ades en briquettes grises ont ?t? restaur?es. M?me la porte qui enjambe la jolie rue de Yonghegong bord?e d?acacias a ?t? repeinte. A l?int?rieur du temple des Lamas, quelques fid?les prient et se prosternent devant les br?le encens tandis que les moulins ? pri?res tournent en silence. Les piliers, rouge et or, et les poutres des charpentes rutilent sous l??il bienveillant d?un bouddha g?ant en bois de santal. Le temple de Confucius a toujours ses cypr?s odorants dans sa cour ? l?air un peu abandonn?. Les pavillons adjacents et le Coll?ge Imp?rial attirent peu de visiteurs. La poussi?re s?est tranquillement pos?e sur l?exposition d?instruments de musique. M?me les tuiles verniss?es se sont ternies et sont la proie d?herbes folles qui les envahissent. Dans les ruelles ?troites des derniers hutongs, le gris des maisons basses est toujours l?, les disques de charbon, les petites ?piceries qui sentent le chou, les vendeurs de yaourts et de cigarettes, aussi. La nouveaut? depuis 1999 ce sont les chantiers de d?molition, si nombreux que l?on se croirait parfois dans une ville en guerre. De vieux hommes, marcel blanc et pantalon retrouss? jusqu?aux genoux, installent leur si?ge pliant sur les trottoirs pour profiter de la fra?cheur du soir. Mais o? sont donc pass?s les bicyclettes, les cours de gym en plein air, les cages ? oiseau accroch?es aux branches des arbres ? Sous un ciel bleu sans nuages, fait rare dans l??t? p?kinois, nous p?n?trons dans la Cit? interdite. Un audio guide en fran?ais, dot? d?un GPS, gouverne nos pas dans la trav?e principale et les pavillons de l?empereur baptis?s de noms po?tiques. La foule et de grands travaux de r?novation rendent la visite un peu fastidieuse et il est difficile de s??merveiller devant les cours pav?es, les rampes de marbre blanc aux motifs de nuages et de dragons. Pourtant, il suffit de se perdre dans le d?dale des cours int?rieures et de prendre le temps de d?tailler les charpentes d?cor?es pour go?ter la s?r?nit? des lieux. Profitant de cette belle journ?e, nous nous rendons dans le parc de la Colline du Point de vue, au nord de la Cit?. Au sommet de ce d?licieux jardin, la vue est imprenable sur les toits couleur miel et plus loin sur les immeubles modernes de la capitale. L?air du soir est rempli de chaleur et de l?odeur des pins, des martinets rayent le ciel tandis que les lampions rouges signalent boutiques de th? et petits restaurants. Tous les lampadaires de la place TianAnmen sont allum?s et des cerfs-volants sophistiqu?s font clignoter des loupiotes tr?s haut dans le ciel. Le d?compte des jours qui nous s?parent des Jeux Olympiques de 2008 affiche 1113, en caract?res rouges bien s?r ! Sur la Grande Muraille, ? Simatai, nous f?tons notre 11?me mois de voyage ! La palette de couleurs est compos?e de vert, tendre pour les cultures et fonc? pour les for?ts, de rouge pour la terre d?o? ?mergent des rochers blonds. Au loin, dans une lumi?re bleue-grise, une fresque de petits massifs forme l?horizon qui se brouille au fur et ? mesure que les heures passent. La Grande Muraille comme une longue couleuvre court sur les cr?tes, ?vitant ? peine les obstacles naturels. Des tours carr?es ponctuent l?ouvrage qui alterne escaliers abrupts aux marches hautes et pans inclin?s rendus redoutables par le mauvais temps. Le d?but d?apr?s-midi noircit le ciel et le tonnerre gronde. Au-del? du tron?on de muraille restaur?, les pierres sont ?croul?es et les herbes ont pouss? sur la fortification. Du regard, on peut suivre ce ruban construit qui se perd dans l?infini. La veille de notre d?part, nous assistons ? une repr?sentation de l?Op?ra de P?kin. Version all?g?e du th??tre classique, c?est une excellente introduction ? cet art si particulier, pratiqu? seulement par des hommes, ? la fois mimes, chanteurs et danseurs acrobates. Avant de monter sur sc?ne, ils se maquillent en public. Peinture blanche pos?e au pinceau, p?te rose malax?e au creux des mains et vigoureusement tamponn?e sur le visage, fard rouge vif pour souligner le regard, les visages s?irisent de couleurs symboles de courage, de constance ou de tra?trise. Une fois le rideau lev?, la voix prend de la hauteur, les corps deviennent une danse accompagn?e de cymbales, tambours et erhu. D?mons et soldats luttent mais nul ne meurt vraiment et les ennemis se figent dans une derni?re pose. Xi'An 23 - 25 juillet 2005 Plus la couchette est haute, plus les prix des tickets de train sont d?gressifs... Nous nous installons donc au troisi?me niveau, le nez dans l'air conditionn? et la t?te dans le plafond, mais les trains chinois sont de loin les plus confortables : couette, moquette, sanitaires rutilants. Bref, les conditions de voyage sont appr?ciables et heureusement puisque entre Shanghai et Xi'An, nous battons notre record du plus grand retard non annonc? : 15 heures ! Pour nous, ce sont surtout de longues heures sans comprendre ce qui se passe, jusqu'? trouver la seule et unique personne du train qui parle quelques mots d'anglais... un pont a ?t? ? moiti? emport? par les inondations. Xi'An est maintenant une des places incontournables en Chine : l'arm?e des soldats de terre cuite si?ge ? quelques dizaines de kilom?tres de l?. Mais cette "petite" ville, de quelques millions d'habitants, cache un tr?sor au milieu de ses remparts bien retap?s : la Mosqu?e et le quartier musulman, car Xi'An ?tait l'ultime ?tape de la route de la soie. Enfilade de pi?ces ext?rieures, la mosqu?e a une architecture d?concertante car les toits, les portes, les colonnes et fa?ades sont ceux d'une pagode dont seules les ?critures du Coran sur les murs rappellent quel dieu est pri?. Pendant que les hommes, v?tus de blanc, se dirigent vers la salle de pri?re, les femmes, voil?es, tiennent les ?tals "? touristes". Le march? du quartier expose des abats gigantesques...impossible d'identifier l'animal ; et certainement, du chien, du chat, du rat... on mangera une soupe de nouilles ! Comme tout le monde, nous sommes l? pour la fameuse Arm?e de terre cuite. Apr?s avoir travers? un morceau de campagne ravag?e par les grues, les b?tonneuses et les parpaings, nous arrivons sur un immense parking couvert de bus. Les Chinois font beaucoup de tourisme en Chine ! Ce site tr?s important comprend tout d'abord un mus?e expliquant l'histoire du site, les fouilles, et une exposition en chinois. Ensuite, les trois halls am?nag?s pour prot?ger les d?couvertes, les tr?sors. La visite va crescendo. Le premier hall montre l'?tat de l'arm?e de terre cuite ? explorer ; les all?es sont encore pleines de soldats, de cavaliers, de chars recouverts par des toits de rondins de bois, ?croul?s depuis des si?cles. Le deuxi?me hall est un petit contingent de soldats o? l'on peut vraiment se rendre compte ? quel point les visages sont fins, tous diff?rents, les costumes, les armures sont d?taill?s, d?licats. Les chevaux semblent pr?ts ? bondir, les hommes pr?ts ? se battre pour d?fendre le tombeau de l'empereur Qin Shi Huang. Le troisi?me hall, c'est l'immensit? d'un champ de bataille o? toute l'arm?e est debout, ses cavaliers, ses g?n?raux devant. Ils sont l? encore, tous singuliers par la coiffe, le regard, seules les postures permettent de savoir si l'on est face ? un grad?, un gardien. On repartirait bien avec l'un d'eux... Xi'an est une ville grise et pas agr?able pour la balade, nous d?cidons donc de partir sit?t les soldats pass?s en revue et nous testons la version grand luxe hi-tech des trains pour P?kin. Shanghai 17 - 22 juillet 2005 C'et en train que nous d?cidons de relier Shanghai depuis Hong Kong et c'est agr?ablement surprises que nous prenons possession de nos couchettes dures (nous restons des baroudeuses) ?quip?es d'une literie immacul?e: c'est parti pour 24h d'un voyage o? malheureusement ni le paysage d?primant (jolis exemples d'habitations cubiques b?tonn?es en campagne), ni les longues conversations avec nos voisins ne nous occupent vraiment. Heureusement, il nous reste le scrabble !! Arriv?es ? Shanghai, c'est une m?galopole de plus de 13 millions d'habitants qui nous accueille, lanc?e ? pleine vitesse ? la poursuite de Hong Kong pour la plus grande gloire du parti. Seule diff?rence notable, ils parlent peu, voir pas anglais, et c'est avec amusement qu'ils nous voient mimer 3 lits ... La vieille ville chinoise n'a r?ussi ? se maintenir au milieu des buildings qu'en se transformant en march? de souvenirs et seul le jardin Yu Yuan arrive ? nous transporter au temps des Ming avec ses batisses rectangulaires ouvertes sur des ?tangs ombrag?s, offrant une halte pleine de calme au sein de la tr?pidante cit?. Nos pas nous m?nent alors dans la concession fran?aise o? ne subsiste que quelques pat?s de maisons en briques r?habilit?es depuis peu en restaurants et bars ? la mode pour expats et riches chinois, Ca n'enl?ve rien ? l'?motion ressentie par Ir?ne devant le panneau de la rue Ningye Lu o? naquit il y a exactement 100 ans son cher Bon Papa, rue qui portait le nom d'Eug?ne Bard, son grand p?re maternel alors pr?sident de la concession. Si les Theis ont la chance de voir cette rue et peut ?tre la maison encore debout, c'est grace ? Mao Zedong qui y pr?sida le premier comit? du parti en 1921 et o? se dresse ? pr?sent un mus?e hautement glorifiant envers les diff?rents membres fondateurs du PC chinois. Assoiff?es d'Histoire et fatiqu?es des neons et des emplettes (bienvenue dans un monde communiste capitaliste o? le M de Macdo sera bientot sur le drapeau national...), nous partons une journ?e en excursion ? Zhouzhuang, appell?e aussi Venise chinoise. C'est effectivemment assez mignon et les demeures Ming visitables sont tr?s bien restaur?es. Mais entre les m?gaphones des groupes asiatiques qui hurlent leurs commentaires ? 3 dans la m?me pi?ce et les vendeurs de babioles qui s'av?rent ?tre tr?s insistants, la balade se r?v?le ?tre rapidement une course pour s'?chapper au plus vite de la cohue ambiante...dommage. La Chine va vite, tr?s vite, nous disons nous en montant dans le train pour Xian, notre prochaine ?tape... Hong-Kong 13 - 16 juillet 2005 Le ciel blanc et bouch? de Bangkok nous conforte dans le fait de quitter la Tha?lande et le vol jusqu'en Chine se d?roule sans encombre, dans un avion aux trois quart vide. Depuis l'a?roport flambant neuf, il faut une heure de bus ? imp?riale avec air conditionn? et t?l?viseur pour rejoindre le sud de l'?le de Kowloon. Grandes avenues, n?ons publicitaires pr?ts ? s'illuminer une fois la nuit venue, le ton est vite donn?. Une pi?ce de 9 m2 au 15?me ?tage de la derni?re tour glauque de Nathan Road sera notre nid d'aigle pendant ce s?jour hong-kongais. Le rez-de-chauss?e de l'immeuble est une galerie de petits commerces o? une population cosmopolite, africains et indiens, fait du business de cartes t?l?phoniques et de valises ? roulettes. A quelques m?tres de l?, vers le sud, de l'autre c?t? de l'eau, voici l'?le de Hong-Kong proprement dite. Fa?ades de verre et d'acier, la ville ultra-moderne est desservie d'est en ouest par un vieux tramway efflanqu? et cliquetant. Si l'on veut vraiment appr?cier la ville et son architecture ?tonnante, c'est en haut du Peak, la nuit, que le point de vue est ? couper le souffle. New-York n'a qu'? bien se tenir ! Apr?s le d?fil? du 14 Juillet sur TV5, une premi?re (!), et apr?s avoir approximativement repass? nos tuniques vietnamiennes et tent? un maquillage aux crayons de couleur pour Ir?ne, nous nous sommes rendues, passeports en poche, ? l'Intercontinental pour jouer les pique-assiettes ? la r?ception donn?e par le Consul de France. Notre plan n'a pas vraiment march? mais Thierry, rencontr? au Cambodge et r?sidant ? Hong-Kong, a sauv? la situation, nous permettant de passer les cerb?res. Merci encore ! Et c'est ainsi que nous nous sommes r?gal?es de p?t?, saucisson, jambon et fromage, le tout sur une tr?s bonne baguette et accompagn? de champagne ! Haut de page |